Les autorités togolaises ont décidé de renforcer la réglementation autour de la commercialisation de la noix de cajou afin de favoriser davantage la transformation locale. Cette orientation vise à augmenter la valeur ajoutée créée sur le territoire national et à mieux structurer l’ensemble de la filière anacarde, un secteur agricole important pour l’économie du pays.
Dans cette dynamique, un arrêté interministériel signé le 30 décembre 2025 par les responsables chargés de l’économie et de l’agriculture introduit de nouvelles dispositions encadrant les activités d’achat, de vente et d’exportation de la noix de cajou.
Une réforme qui modifie la réglementation existante
Le nouveau texte vient compléter et ajuster certaines règles déjà en vigueur depuis plusieurs années dans le secteur de l’anacarde. Il apporte notamment des modifications à la réglementation adoptée en 2008 qui fixait les conditions de commercialisation de cette production agricole.
L’objectif principal de cette révision est de renforcer l’approvisionnement des unités de transformation installées au Togo. Jusqu’à présent, une grande partie des noix de cajou collectées était destinée directement à l’exportation, ce qui limitait les opportunités de transformation industrielle sur le territoire national.
En imposant de nouvelles obligations aux acteurs de la filière, les autorités souhaitent rééquilibrer cette situation et encourager le développement d’une industrie locale capable de transformer les matières premières sur place.
Une part obligatoire destinée aux transformateurs locaux
La mesure phare introduite par cette réforme concerne les acheteurs agréés ainsi que les sociétés coopératives de producteurs. Désormais, ces acteurs devront obligatoirement réserver une partie de leur production aux unités de transformation implantées dans le pays.
Concrètement, au moins un tiers du volume total de noix de cajou collecté ou acheté devra être livré à ces structures avant toute transaction avec des exportateurs. Cette règle vise à garantir un approvisionnement régulier des entreprises locales spécialisées dans la transformation de l’anacarde.
Le prix de vente des noix destinées à ces unités industrielles sera déterminé au début de chaque campagne agricole par l’organisation interprofessionnelle de la filière. Cette démarche doit permettre d’établir un cadre de négociation clair entre producteurs, acheteurs et transformateurs.
Des mécanismes de contrôle pour assurer l’application
Afin de vérifier le respect de cette nouvelle obligation, un dispositif de suivi a été mis en place. Les unités de transformation devront délivrer aux acheteurs et aux coopératives un document officiel attestant de la livraison des quantités requises.
Ce document, validé par l’organe interprofessionnel chargé de la filière anacarde au Togo, servira de preuve du respect du quota imposé par la réglementation. Sans ce justificatif, les opérateurs ne pourront pas poursuivre leurs activités commerciales avec les exportateurs.
Des sanctions prévues en cas de non-respect
Le texte prévoit également des mesures disciplinaires pour les acteurs qui ne se conformeraient pas aux nouvelles règles. Les acheteurs ou coopératives qui ne livreraient pas la part exigée de leur production aux transformateurs locaux pourraient être exclus des opérations d’exportation pendant toute la durée de la campagne.
Cependant, une exception est prévue dans les situations où les unités de transformation ne seraient pas en mesure de recevoir les quantités prévues. Dans ce cas, l’organe interprofessionnel pourra constater la situation et délivrer une autorisation spéciale permettant aux opérateurs de poursuivre leurs ventes.
Une stratégie pour renforcer la filière anacarde
Par ailleurs, l’achat et l’exportation de la noix de cajou restent soumis à l’obtention d’une autorisation officielle délivrée par l’organe de coordination de la filière. Toute cargaison destinée à l’exportation sans les documents requis pourra être saisie par les autorités compétentes.
À travers ces nouvelles dispositions, l’État togolais cherche à structurer davantage la filière anacarde, à soutenir les industries locales de transformation et à générer plus de retombées économiques pour le pays. Cette stratégie vise également à créer des emplois, améliorer les revenus des producteurs et renforcer la compétitivité du secteur agricole national.

