Guerre en Ukraine : des ressortissants togolais impliqués dans le conflit

Diya
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Le conflit en Ukraine continue d’avoir des répercussions bien au-delà de l’Europe. Une enquête publiée en février 2026 révèle que plusieurs citoyens togolais ont été recrutés pour combattre aux côtés des forces russes. Au total, 18 jeunes originaires du Togo auraient été engagés dans ce conflit, dont trois ont trouvé la mort après leur déploiement sur le front.

Cette situation met en lumière un phénomène plus large de recrutement de combattants étrangers, visant particulièrement des jeunes issus de milieux économiquement fragiles.

Des promesses séduisantes mais trompeuses

L’étude, intitulée « Le business du désespoir », décrit un système de recrutement reposant sur des promesses jugées attractives pour attirer de jeunes Africains. Les recruteurs auraient mis en avant plusieurs avantages, notamment l’obtention rapide de documents de résidence, un salaire présenté comme élevé, la possibilité d’acquérir la nationalité russe en peu de temps, ainsi que l’accès à un logement et à des soins médicaux.

Cependant, les témoignages et les données recueillies par les enquêteurs décrivent une réalité bien différente. Les nouvelles recrues seraient envoyées rapidement sur les zones de combat les plus exposées, souvent avec une formation limitée et un équipement insuffisant. Dans ces conditions, leur présence sur le front se révèle particulièrement risquée.

Depuis 2023, ce mode de recrutement aurait concerné de nombreux jeunes à travers le continent africain, attirés par la perspective d’une meilleure situation économique ou d’un avenir à l’étranger.

Trois Togolais parmi les victimes

Parmi les 18 Togolais identifiés dans cette enquête, trois ont été tués lors des combats. Il s’agit de Dogan Komlan-Junior Mark, Koulekpato Dosseh et Sabi-Ifon Yaovi. Les informations disponibles indiquent que leur présence sur le front n’a duré que quelques mois avant leur décès.

À l’échelle du continent, les chiffres avancés par l’enquête font état de 1 417 combattants africains recensés dans les rangs russes. Parmi eux, 316 auraient perdu la vie depuis le début de leur engagement. Les principaux pays d’origine mentionnés sont l’Égypte, le Cameroun et le Ghana, ce qui illustre l’ampleur du phénomène.

Des alertes déjà émises auparavant

Le recrutement de jeunes Africains pour participer au conflit en Ukraine avait déjà suscité des inquiétudes auparavant. En mars 2025, une organisation de la société civile togolaise avait alerté les autorités sur la situation d’un étudiant togolais capturé sur le champ de bataille et détenu en Ukraine.

Selon les informations rendues publiques à l’époque, ce jeune était initialement parti en Russie avec un visa d’études en août 2024. Une fois sur place, il aurait été contraint de rejoindre les forces armées avant d’être envoyé au combat. Gravement blessé, il aurait ensuite été capturé par les forces ukrainiennes.

Face à cette situation, une intervention diplomatique avait été demandée afin d’obtenir des informations sur son sort et d’envisager des solutions pour sa prise en charge.

Appels à la vigilance et à l’action

Ces révélations ont ravivé les appels à la prudence adressés aux jeunes togolais souhaitant partir à l’étranger. Les autorités ont déjà mis en garde contre certaines offres de voyage ou d’emploi qui pourraient dissimuler des réalités bien différentes de celles présentées.

Plusieurs acteurs de la société civile estiment également qu’une réponse plus large est nécessaire. Ils plaident pour un renforcement des actions diplomatiques afin d’identifier les ressortissants concernés, d’évaluer les possibilités d’assistance ou de rapatriement, et d’accompagner les familles touchées par ces drames.

Au-delà de la gestion des situations individuelles, ces organisations appellent aussi à lutter contre les réseaux de recrutement clandestins et à sensibiliser davantage la jeunesse aux risques liés à ces propositions. Selon eux, seule une action combinant prévention, information et coopération internationale permettra de limiter ce phénomène et de protéger les jeunes tentés par ces promesses d’avenir à l’étranger.

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