Un dialogue stratégique au plus haut niveau
Le Togo et le Groupe de la Banque mondiale poursuivent leur concertation autour des enjeux de prévention, de résilience et de sécurité des communautés. Dans ce cadre, la ministre, secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, a accordé une audience, le mardi 2 mars, à une délégation de la Banque mondiale conduite par Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division en charge de la Côte d’Ivoire, du Bénin, de la Guinée et du Togo.
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de renforcement du partenariat stratégique entre les deux parties, avec un accent particulier sur les réponses aux défis sécuritaires et sociaux auxquels font face certaines régions du pays, notamment au nord.
Des échanges centrés sur les priorités nationales
Les discussions ont porté sur plusieurs thématiques jugées prioritaires par les autorités togolaises. Parmi celles-ci figurent la prévention des risques, le renforcement de la résilience des communautés et l’amélioration de la sécurité locale, dans un contexte marqué par des pressions sécuritaires croissantes dans les régions septentrionales.
Les échanges ont permis de faire un point détaillé sur les actions en cours, d’évaluer leur impact et d’identifier les ajustements nécessaires pour renforcer leur efficacité. L’objectif partagé est de consolider les mécanismes existants tout en adaptant les interventions aux réalités du terrain.
La prévention comme pilier de la stabilité
La prévention constitue l’un des axes centraux de la stratégie togolaise en matière de sécurité et de cohésion sociale. Les autorités ont mis en avant l’importance d’agir en amont des crises, en s’attaquant aux facteurs de vulnérabilité susceptibles de fragiliser les communautés.
Dans cette perspective, la rencontre a permis de revenir sur les dispositifs institutionnels mis en place pour anticiper les risques et coordonner les réponses de l’État. Ces mécanismes visent à renforcer la vigilance, la coordination intersectorielle et l’implication des acteurs locaux.
Le renforcement de la résilience communautaire
Au cœur des échanges figurait également la question de la résilience des communautés, entendue comme leur capacité à faire face aux chocs, à s’adapter et à se relever durablement. Les régions du nord, exposées à des défis sécuritaires, économiques et sociaux, constituent une priorité dans ce domaine.
Les autorités togolaises ont souligné l’importance d’une approche intégrée, combinant actions sécuritaires, développement local, inclusion sociale et accès aux services de base. Cette approche vise à renforcer la cohésion sociale et à réduire les facteurs de fragilité.
Les initiatives gouvernementales mises en avant
La rencontre a été l’occasion de présenter les principales initiatives déployées ces dernières années par le gouvernement. Parmi elles figure le Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (CIPLEV), qui joue un rôle clé dans la coordination des actions de prévention et de sensibilisation.
L’opération Koundjoaré a également été évoquée comme un dispositif majeur de sécurisation et de protection des populations dans les zones sensibles. Cette opération s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la présence de l’État et à rassurer les communautés.
Par ailleurs, le Programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés (PURS) a occupé une place importante dans les échanges. Initialement déployé dans les zones les plus exposées, ce programme a été étendu à l’ensemble du territoire national, traduisant la volonté des autorités d’adopter une approche inclusive et préventive.
Une approche intégrée et territorialisée
Les discussions ont mis en lumière l’importance d’une approche territorialisée, adaptée aux spécificités de chaque zone. Les autorités et leurs partenaires estiment que la prise en compte des réalités locales est essentielle pour garantir l’efficacité et la durabilité des interventions.
Cette démarche implique une forte implication des collectivités locales, des leaders communautaires et de la société civile, afin de favoriser l’appropriation des programmes par les populations concernées.
Bilan du premier cycle de l’Allocation pour la Prévention et la Résilience
Un point clé de la rencontre a été consacré à la présentation du bilan du premier cycle de l’Allocation pour la Prévention et la Résilience (PRA – IDA20). Cette phase a permis de financer plusieurs actions structurantes en matière de prévention et de résilience communautaire.
Les échanges ont permis de tirer les enseignements de ce premier cycle, en identifiant les réussites, les défis rencontrés et les marges d’amélioration. Cette analyse constitue une étape essentielle pour orienter la préparation du prochain cycle.
Cap sur le cycle IDA21
Dans la continuité, les discussions ont porté sur les perspectives du cycle IDA21. L’objectif est d’aligner les futures interventions sur les priorités nationales et les réalités du terrain, tout en renforçant l’impact des programmes soutenus par la Banque mondiale.
Les autorités togolaises ont insisté sur la nécessité de consolider les acquis, d’approfondir les actions de prévention et d’accélérer le renforcement de la résilience communautaire. Cette orientation vise à garantir une approche durable et proactive face aux risques sécuritaires et sociaux.
Un partenariat stratégique salué
À l’issue des échanges, la ministre, secrétaire générale de la Présidence du Conseil, a salué la qualité du partenariat entre le Togo et le Groupe de la Banque mondiale. Elle a réaffirmé la détermination des autorités à poursuivre et à approfondir cette coopération, au service d’une prévention durable et d’une résilience accrue des communautés.
Cette collaboration est perçue comme un levier essentiel pour accompagner les réformes et soutenir les efforts du pays en matière de stabilité, de développement et de cohésion sociale.
Un portefeuille conséquent au service du développement
Le partenariat entre le Togo et la Banque mondiale se traduit également par un portefeuille d’interventions important. À ce jour, celui-ci s’élève à 1,49 milliard de dollars et comprend 18 opérations, dont 10 projets nationaux et 8 projets régionaux.
Ces interventions couvrent plusieurs secteurs stratégiques, allant de la résilience communautaire à l’amélioration des services sociaux, en passant par les infrastructures et la gouvernance.
Vers une prévention durable et inclusive
À travers cette rencontre, le Togo et la Banque mondiale réaffirment leur volonté commune de renforcer les mécanismes de prévention et de résilience, en mettant les communautés au centre des stratégies. L’approche privilégiée repose sur l’anticipation, l’inclusion et la coordination des acteurs.
Cette dynamique partenariale vise à consolider la stabilité, à renforcer la confiance des populations et à créer les conditions d’un développement durable, au bénéfice de l’ensemble du territoire national.

