Une coopération agricole au cœur du rapprochement bilatéral
Le Togo et la Biélorussie poursuivent le renforcement de leurs relations bilatérales en plaçant l’agriculture au centre de leurs priorités communes. Une séance de travail de haut niveau s’est tenue à Lomé le lundi 2 mars, consacrée à l’exploration de nouvelles pistes de collaboration dans ce secteur clé pour le développement économique et la sécurité alimentaire.
Cette rencontre a réuni des responsables gouvernementaux des deux pays autour d’un objectif partagé : identifier des solutions concrètes pour moderniser les systèmes de production agricole et accroître la souveraineté alimentaire.
Une réunion présidée par les ministres des deux pays
Les échanges ont été conduits conjointement par le ministre togolais en charge de l’Agriculture, Antoine Lekpa Gbegbeni, et le ministre des Affaires étrangères de la Biélorussie, Maxim Ryzhenkov. Cette configuration témoigne de l’importance stratégique accordée à cette coopération, tant sur le plan sectoriel que diplomatique.
Les discussions ont permis aux deux parties de partager leurs visions respectives, leurs expériences et leurs attentes en matière de développement agricole durable.
La mécanisation agricole comme levier de modernisation
Parmi les principaux axes de collaboration évoqués figure la mécanisation agricole. Les autorités togolaises souhaitent renforcer l’utilisation d’équipements modernes afin d’améliorer la productivité, de réduire la pénibilité du travail agricole et d’attirer davantage de jeunes vers le secteur.
La Biélorussie, reconnue pour son expertise industrielle et agricole, pourrait accompagner cette ambition à travers la fourniture de matériels adaptés, la formation des opérateurs et le transfert de savoir-faire technique. Cette coopération viserait à adapter les technologies aux réalités agroécologiques locales.
L’irrigation pour sécuriser les productions
Le développement de l’irrigation a également occupé une place centrale dans les échanges. Face aux effets du changement climatique et à la variabilité des saisons, la maîtrise de l’eau apparaît comme un enjeu majeur pour garantir des productions agricoles régulières et résilientes.
Les deux pays ont évoqué la possibilité de mettre en œuvre des projets d’irrigation modernes, combinant infrastructures, technologies adaptées et renforcement des capacités des acteurs locaux. L’objectif est d’améliorer les rendements et de réduire la dépendance à l’agriculture pluviale.
Accès aux intrants agricoles et semences performantes
L’amélioration de l’accès aux engrais et aux semences de qualité constitue un autre pilier de la coopération envisagée. Les discussions ont porté sur les moyens de faciliter l’approvisionnement des producteurs en intrants performants, tout en veillant à leur adaptation aux sols et aux cultures locales.
La Biélorussie pourrait partager son expertise dans la production et la distribution d’engrais, ainsi que dans la recherche agronomique. Cette collaboration pourrait contribuer à accroître durablement la productivité agricole et à renforcer la compétitivité des filières.
Des projets intégrés dans le domaine de l’élevage
Le secteur de l’élevage n’a pas été en reste. Les deux parties ont exprimé leur intérêt pour le développement de projets intégrés, combinant production animale, alimentation du bétail et amélioration génétique.
La production d’aliments pour bétail, la modernisation des pratiques d’élevage et le renforcement des chaînes de valeur figurent parmi les priorités identifiées. Ces initiatives visent à améliorer la disponibilité des produits animaux, tout en soutenant les revenus des éleveurs.
Transformation agricole et valeur ajoutée locale
Au-delà de la production, les discussions ont également porté sur la transformation des produits agricoles. Les autorités des deux pays ont souligné l’importance de développer des unités de transformation afin de créer davantage de valeur ajoutée localement.
La coopération pourrait ainsi porter sur l’installation d’équipements de transformation, le transfert de technologies et la formation des acteurs locaux. Cette approche permettrait de réduire les pertes post-récolte, de diversifier les débouchés et de stimuler l’emploi rural.
Vers un cadre formel de coopération
À l’issue des échanges, les deux parties sont convenues de progresser vers la formalisation d’un cadre de coopération structuré. Un projet de protocole d’entente est en préparation et sera transmis par voie diplomatique.
Ce futur accord devrait définir les domaines prioritaires, les modalités de mise en œuvre et les mécanismes de suivi des projets conjoints. Il servira de socle juridique et institutionnel pour un partenariat agricole durable et équilibré.
Une coopération fondée sur l’échange d’expertises
Les autorités togolaises et biélorusses ont insisté sur l’importance d’un partenariat fondé sur l’échange d’expériences et de compétences. L’objectif est d’identifier des solutions adaptées aux priorités nationales, en tenant compte des réalités locales et des enjeux de développement durable.
Cette approche pragmatique vise à garantir l’efficacité des projets et leur appropriation par les acteurs du terrain.
Une dynamique inscrite dans un contexte diplomatique plus large
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite officielle entamée par le chef de la diplomatie biélorusse et sa délégation à Lomé depuis le 1er mars. Elle s’ajoute à une série d’initiatives diplomatiques récentes illustrant la volonté commune de renforcer les liens entre les deux pays.
À cette occasion, un mémorandum d’entente sur les consultations bilatérales entre les ministères des Affaires étrangères a été signé, ainsi qu’un accord d’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service.
Une ambition partagée pour le développement agricole
À travers ces échanges, le Togo et la Biélorussie affichent une ambition claire : faire de l’agriculture un pilier central de leur coopération bilatérale. En misant sur la mécanisation, l’irrigation, l’élevage et la transformation, les deux pays entendent bâtir un partenariat gagnant-gagnant.
Cette dynamique ouvre la voie à des projets concrets susceptibles de contribuer à la modernisation de l’agriculture, à la création d’emplois et au renforcement de la sécurité alimentaire, tout en consolidant durablement les relations entre Lomé et Minsk.

