Des progrès dans la gestion des terres rurales
Au Togo, les réformes visant à améliorer la gestion des terres en milieu rural commencent à produire des résultats concrets. Les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet intitulé Projet de réformes foncières pour l’accroissement de la productivité agricole ont récemment dressé un bilan des activités réalisées et partagé les enseignements tirés des expériences menées sur le terrain.
Cette rencontre de restitution s’est tenue à Lomé et a rassemblé différents acteurs institutionnels, des responsables locaux ainsi que des partenaires techniques impliqués dans la réforme foncière. L’objectif était de faire le point sur les actions expérimentales réalisées dans plusieurs localités du pays et d’évaluer leur impact sur la gestion des terres agricoles.
Ces échanges ont permis de mettre en lumière les avancées obtenues dans le cadre de ce projet, qui vise à améliorer la gouvernance foncière tout en favorisant le développement agricole.
Un projet pour améliorer la gestion du foncier rural
Le Projet de réformes foncières pour l’accroissement de la productivité agricole a été conçu pour accompagner les efforts du gouvernement togolais dans la modernisation du système foncier, en particulier dans les zones rurales.
La question du foncier constitue en effet un enjeu majeur pour le développement agricole et la stabilité sociale. Dans de nombreuses régions, les conflits liés à l’accès ou à l’utilisation des terres peuvent freiner les activités agricoles et affecter la cohésion des communautés.
Le projet vise donc à expérimenter de nouvelles approches de gestion du foncier afin d’améliorer la sécurité des droits fonciers, renforcer la transparence dans la gestion des terres et prévenir les conflits entre les différents acteurs.
Des expérimentations menées dans plusieurs communes
Pour tester ces nouvelles méthodes, plusieurs communes rurales ont été sélectionnées comme zones pilotes. Les expérimentations ont été conduites dans cinq localités : Oti-Sud 2, Dankpen 2, Tchamba 3, Wawa 2 et Zio 4.
Ces territoires ont servi de laboratoires pour tester de nouvelles pratiques de gouvernance foncière adaptées aux réalités locales.
Dans chacune de ces communes, les autorités locales, les chefs traditionnels, les agriculteurs et les autres membres des communautés ont été associés aux activités du projet. Cette approche participative a permis de favoriser l’adhésion des populations et de faciliter la mise en œuvre des initiatives.
Renforcer la prévention des conflits fonciers
L’un des objectifs majeurs du projet était d’améliorer les mécanismes locaux de prévention et de gestion des conflits liés à la terre.
Dans de nombreuses zones rurales, les différends fonciers peuvent surgir entre agriculteurs, éleveurs ou familles en raison de limites de parcelles mal définies ou de droits d’usage contestés.
Les activités du projet ont permis de renforcer les cadres de dialogue au niveau communautaire afin de résoudre ces différends de manière pacifique. Des mécanismes locaux de concertation ont été encouragés pour faciliter la discussion entre les différentes parties concernées.
Cette démarche a contribué à instaurer un climat de confiance entre les acteurs locaux et à réduire les tensions autour de l’utilisation des terres.
Favoriser un accès plus équitable à la terre
Les expérimentations menées dans le cadre du projet ont également mis l’accent sur l’inclusion sociale dans la gestion du foncier.
Dans de nombreuses communautés rurales, l’accès à la terre peut être limité pour certaines catégories de la population, notamment les femmes et les jeunes. Cette situation peut freiner leur participation aux activités agricoles et réduire leurs opportunités économiques.
Le projet a donc encouragé des initiatives visant à promouvoir un accès plus équitable aux terres agricoles. Les actions menées ont contribué à sensibiliser les communautés sur l’importance de garantir des droits fonciers plus inclusifs.
Cette approche vise à permettre à davantage de personnes de participer au développement agricole et de bénéficier des ressources foncières disponibles.
Une gestion durable des terres agricoles
Outre l’aspect social, le projet a également accordé une attention particulière à la gestion durable des terres.
Les terres agricoles constituent une ressource essentielle pour la sécurité alimentaire et le développement économique. Cependant, leur exploitation doit être réalisée de manière responsable afin de préserver leur fertilité et leur productivité sur le long terme.
Les activités du projet ont donc encouragé des pratiques favorisant la gestion durable des terres, notamment à travers une meilleure planification de l’utilisation des parcelles et une sensibilisation aux bonnes pratiques agricoles.
Ces initiatives contribuent à renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux défis environnementaux.
Des progrès dans la cartographie des terres
Sur le plan technique, le projet a permis de réaliser des avancées importantes dans la cartographie des terres agricoles.
Les travaux menés dans les zones d’intervention ont permis de cartographier environ 37,5 % de la superficie prévue dans le cadre du projet. Cette cartographie constitue un outil essentiel pour mieux organiser l’utilisation des terres et clarifier les limites des parcelles.
Grâce à ces données, les autorités locales et les communautés disposent désormais d’informations plus précises sur la répartition des terres, ce qui peut contribuer à réduire les conflits fonciers et à améliorer la planification territoriale.
Un projet inscrit dans un programme plus large
Le Projet de réformes foncières pour l’accroissement de la productivité agricole fait partie d’un ensemble d’initiatives regroupées au sein du Programme Seuil.
Ce programme, lancé en 2022, avait pour objectif d’accompagner les réformes économiques et institutionnelles au Togo afin de renforcer l’environnement des investissements et soutenir le développement du pays.
Dans ce cadre, plusieurs projets avaient été mis en place pour améliorer la gouvernance dans différents secteurs, notamment celui du foncier rural.
Une interruption du programme
Malgré les résultats encourageants obtenus sur le terrain, le programme dans lequel s’inscrivait le projet a été interrompu de manière anticipée.
Cette interruption est intervenue à la suite d’une décision des États-Unis de suspendre leur aide extérieure. Cette décision a entraîné l’arrêt de certaines activités liées au programme.
Toutefois, les résultats obtenus grâce aux expérimentations menées dans plusieurs communes constituent une base importante pour poursuivre les réformes engagées dans le domaine foncier.
Des perspectives pour la réforme foncière
Les enseignements tirés du projet offrent des pistes précieuses pour améliorer la gouvernance foncière dans l’ensemble du pays.
Les expériences réalisées dans les communes pilotes pourraient servir de modèle pour la mise en œuvre de nouvelles initiatives dans d’autres régions.
Les autorités togolaises entendent poursuivre leurs efforts afin de renforcer la sécurité foncière, améliorer la gestion des terres et favoriser un environnement plus favorable au développement agricole.
Ces réformes sont considérées comme essentielles pour soutenir la productivité agricole, réduire les conflits fonciers et promouvoir une croissance économique inclusive au Togo.

