Énergie : le Togo lance un programme national pour la cuisson propre

Fawzou
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Le Togo accélère sa transition énergétique en s’attaquant à un enjeu majeur du quotidien : la cuisson domestique. Le gouvernement a lancé, le 23 mars à Lomé, les études préparatoires à la mise en place d’un programme national dédié à la cuisson propre.

Cette initiative vise à promouvoir des solutions modernes et moins polluantes, reposant sur des technologies comme le gaz, l’électricité, le solaire ou encore le biogaz.

Une stratégie basée sur la concertation

Le futur programme s’appuiera sur une large concertation entre les différents acteurs concernés, notamment les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile.

Avec l’appui de l’Union européenne, les travaux devront aboutir à un plan structuré, réaliste et adapté aux besoins du pays.

L’objectif est de construire une stratégie cohérente, alignée sur les priorités nationales en matière d’énergie et sur les engagements climatiques du Togo.

Cap sur 2030 pour généraliser la cuisson propre

Les autorités affichent une ambition claire : rendre la cuisson propre accessible au plus grand nombre d’ici 2030.

Le ministre délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières, Robert Koffi Eklo, a souligné cette volonté de transformation en profondeur des habitudes énergétiques des ménages.

Cette échéance impose toutefois des défis importants, notamment en termes d’infrastructures, de financement et d’acceptation par les populations.

Une dépendance persistante aux combustibles traditionnels

Aujourd’hui, une grande partie des ménages togolais utilise encore des combustibles solides issus de la biomasse, comme le bois ou le charbon.

Cette situation a des conséquences multiples : elle affecte la santé, en raison des fumées nocives, contribue à la dégradation de l’environnement et complique les conditions de vie, notamment pour les femmes et les enfants.

Malgré plusieurs initiatives lancées ces dernières années, les résultats restent limités. Cela montre que le problème est plus complexe qu’il n’y paraît.

Un enjeu de santé publique et d’environnement

La transition vers la cuisson propre ne concerne pas seulement l’énergie. Elle touche aussi à la santé publique et à la protection de l’environnement.

Réduire l’exposition aux fumées domestiques peut améliorer significativement la qualité de vie, tandis que l’adoption de solutions propres contribue à limiter la déforestation et les émissions de gaz à effet de serre.

Mais attention : remplacer les habitudes traditionnelles demande du temps, des moyens et surtout une réelle adhésion des populations.

Le rôle clé du financement et du secteur privé

Le succès de ce programme dépendra en grande partie des financements mobilisés et de l’implication du secteur privé.

Lors d’un sommet international en France consacré à cette problématique, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, avait insisté sur la nécessité d’une action coordonnée à l’échelle du continent africain.

Il avait également mis en avant le potentiel des mécanismes de financement innovants, notamment les crédits carbone, pour soutenir ce type de transition.

Un défi structurel à relever

Même si les intentions sont claires, plusieurs obstacles restent à surmonter. Le coût des équipements, l’accès à l’énergie moderne et les habitudes culturelles peuvent freiner l’adoption des solutions proposées.

Il faut aussi s’assurer que les technologies mises en place sont réellement accessibles et adaptées aux réalités locales.

Sinon, le risque est de voir le programme rester limité à une partie de la population.

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