Souveraineté culturelle : vers l’institution d’un « Nouvel An Africain » sous l’impulsion du Togo

Omega
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Nouvel An Africain Togo

Le gouvernement togolais, par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, a annoncé le lancement d’une initiative majeure visant à réhabiliter les systèmes de comptage du temps propres au continent. Cette démarche ambitionne de restaurer une identité africaine souvent occultée par l’usage exclusif de cadres temporels hérités de l’époque coloniale.


La fin de la dépendance aux calendriers extérieurs

Le communiqué officiel souligne que, malgré l’adoption universelle du calendrier grégorien, l’Afrique possède une histoire millénaire marquée par ses propres cycles astronomiques et sociétaux. Des exemples tels que le calendrier de l’Égypte antique, la cérémonie de la « prise de la pierre sacrée » en pays Guin au Togo, ou encore le « Yennayer » en Afrique du Nord, témoignent de cette richesse endogène.

Selon les autorités, l’imposition de rythmes temporels étrangers lors de la colonisation a entraîné une perte de repères pour les populations locales. En réhabilitant un système historique de découpage du temps, le continent cherche à s’affirmer comme une puissance autonome capable de définir ses propres références, à l’instar d’autres grandes civilisations qui célèbrent le Nouvel An lunaire ou Diwali.

Le Togo, moteur d’une réflexion continentale

En sa qualité de président du Haut comité sur la Décennie des racines africaines et de la diaspora, le Togo prend la tête de ce chantier mémoriel. En collaboration avec l’Union Africaine (UA), le pays prévoit d’associer des experts du continent et de la diaspora pour définir les dates clés du calendrier africain. L’objectif principal de cette concertation est de porter le « Nouvel An Africain » au rang de patrimoine universel.

Pour concrétiser ce projet, la ville de Lomé accueillera prochainement un colloque international. Cette rencontre scientifique et culturelle aura pour mission de proposer des dates de célébrations basées sur des piliers historiques et cultuels authentiquement africains. Les recommandations issues de ces travaux seront ensuite soumises à la Commission de l’Union Africaine pour une mise en œuvre à l’échelle du continent.

Une étape vers la « décolonisation des esprits »

Cette initiative s’inscrit directement dans la lignée des résolutions du 9e Congrès panafricain, tenu à Lomé en décembre 2025. Parmi les priorités alors identifiées figurait la nécessité de réinventer l’identité africaine et de s’affranchir des modèles de pensée importés.

À travers ce projet, le Togo souhaite offrir aux peuples africains un cadre temporel qui reflète leurs réalités et leurs valeurs. Il s’agit, selon les termes du communiqué, d’une étape essentielle pour que le continent cesse d’être le « miroir perpétuel » de mondes extérieurs et devienne l’acteur principal de sa propre trajectoire de développement.

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