Savanes : 25 leaders communautaires outillés pour défendre les droits des femmes et filles handicapées

mouidatou
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Un renforcement des capacités au cœur de l’initiative

La protection des femmes et des filles en situation de handicap bénéficie d’un nouvel appui dans la région des Savanes. Les 16 et 17 juillet 2026, l’Association des Femmes et Filles Handicapées Vaillantes de la région des Savanes (A2FHV-S) a réuni 25 responsables des cellules communautaires d’alerte et de surveillance à Dapaong.

Organisée au Centre pastoral de la ville, cette session de formation avait pour objectif de renforcer les compétences des acteurs communautaires engagés dans la protection des personnes handicapées, particulièrement les femmes et les jeunes filles confrontées à des situations de vulnérabilité.

Durant deux jours, les participants ont pris part à plusieurs séances consacrées aux droits en matière de santé sexuelle et reproductive ainsi qu’à la prévention et à la lutte contre les violences basées sur le genre.

Mieux comprendre les droits en santé sexuelle et reproductive

Les échanges ont permis aux participants d’approfondir leurs connaissances sur les droits liés à la santé sexuelle et reproductive. Une attention particulière a été accordée aux difficultés spécifiques rencontrées par les femmes et les filles handicapées dans l’accès aux soins et aux services adaptés.

Dans plusieurs communautés, les obstacles liés à la mobilité, au manque d’information ou encore à la stigmatisation peuvent limiter l’accès de ces personnes aux services de santé. À cela s’ajoutent les risques de violences et de discriminations auxquels elles peuvent être exposées.

La formation vise ainsi à permettre aux leaders communautaires de mieux comprendre ces problématiques afin d’agir plus efficacement au sein de leurs localités.

Des acteurs mieux préparés face aux violences

La question des violences basées sur le genre a également occupé une place importante au cours des travaux. Les participants ont été sensibilisés aux mécanismes de prévention, d’identification et de prise en charge des cas de violence impliquant des femmes et des filles en situation de handicap.

L’objectif est de renforcer la capacité des cellules communautaires à détecter rapidement les situations préoccupantes et à réagir de manière appropriée.

Les leaders formés devront notamment être en mesure d’identifier les cas nécessitant une intervention, d’orienter les victimes vers les services compétents et de faciliter leur accompagnement. Ils sont également appelés à jouer un rôle dans la sensibilisation des communautés et dans le plaidoyer en faveur du respect des droits des personnes handicapées.

Des outils pratiques pour renforcer l’alerte et le référencement

Au-delà des connaissances théoriques, l’atelier a permis aux participants de travailler sur des outils destinés à améliorer les mécanismes communautaires de surveillance et d’alerte.

Ces instruments doivent faciliter le signalement des situations de violence ou de violation des droits, tout en permettant une meilleure orientation des personnes concernées vers les structures capables de leur apporter une assistance.

Les organisations de la société civile et les établissements de santé figurent notamment parmi les acteurs vers lesquels les victimes pourront être orientées selon la nature de leurs besoins.

Cette démarche vise à créer une chaîne de prise en charge plus efficace, allant de l’identification d’un cas au référencement vers les services appropriés.

Un plan d’action communautaire adopté

Les travaux de Dapaong ont également abouti à l’élaboration d’un plan d’action communautaire. Celui-ci doit permettre aux cellules d’alerte et de surveillance d’intégrer de manière durable les questions liées à la santé sexuelle et reproductive ainsi qu’à la prévention des violences basées sur le genre dans leurs activités.

Cette approche entend favoriser une mobilisation régulière des acteurs locaux et renforcer la prise en compte des besoins spécifiques des femmes et des filles handicapées dans les initiatives communautaires.

Le plan constitue ainsi un outil de référence pour orienter les prochaines actions de sensibilisation, de prévention et de plaidoyer dans les différentes localités de la région.

Une intervention étendue aux 16 communes des Savanes

L’initiative s’inscrit dans la deuxième phase du projet intitulé « Plaidoyer pour le renforcement de l’accès des femmes et filles en situation de handicap aux soins de santé sexuelle et reproductive adaptés ».

Le projet bénéficie de l’appui de Speak Up Africa à travers Voix Essentielles et couvre les 16 communes que compte la région des Savanes.

Des cellules d’alerte et de surveillance ont été installées dans les différentes communes afin de rapprocher les mécanismes de protection des populations et de faciliter la remontée des préoccupations rencontrées sur le terrain.

Cette organisation territoriale doit permettre de mieux prendre en compte les réalités locales et de renforcer la capacité des communautés à prévenir les situations de vulnérabilité.

Vers une meilleure inclusion des personnes handicapées

À travers cette initiative, l’A2FHV-S entend contribuer à une meilleure protection des femmes et des filles handicapées et à leur accès effectif aux services de santé sexuelle et reproductive.

Le renforcement des capacités des leaders communautaires constitue un levier important pour faire évoluer les comportements, lutter contre les discriminations et améliorer la prise en charge des victimes de violences.

En mobilisant les acteurs locaux dans les 16 communes des Savanes, le projet ambitionne ainsi de favoriser une réponse communautaire plus structurée face aux défis auxquels sont confrontées les personnes en situation de handicap.

L’enjeu est de parvenir à une société plus inclusive, où les femmes et les filles handicapées peuvent exercer pleinement leurs droits, accéder à des soins adaptés et bénéficier d’une protection renforcée contre toutes les formes de violence et de discrimination.

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