Une nouvelle campagne pour soutenir les filles à l’école
Le Togo renforce ses actions en faveur de la scolarisation et du maintien des jeunes filles dans le système éducatif. La deuxième édition de la campagne nationale de distribution de kits scolaires a été officiellement lancée mercredi 9 septembre 2026 à Blitta.
La cérémonie de lancement a été présidée par Sandra Ablamba Johnson, ministre, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil et Gouverneur du Togo auprès de la Banque mondiale.
Elle s’est déroulée en présence du ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, de plusieurs membres du gouvernement ainsi que de Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo.
Plus de 150 000 filles concernées
Pour cette deuxième édition, le dispositif connaît une importante extension.
La campagne prévoit de distribuer des fournitures scolaires à plus de 150 000 filles scolarisées au primaire, au collège et au lycée. L’opération couvrira également plus de 1 500 localités réparties sur l’ensemble du territoire national.
Une attention particulière sera accordée aux zones identifiées comme vulnérables, où les difficultés économiques et sociales peuvent davantage compromettre la scolarisation des filles.
À travers cette couverture élargie, les autorités veulent apporter un soutien concret aux familles et contribuer à réduire les obstacles qui empêchent certaines jeunes filles de poursuivre leur parcours scolaire.
Une progression importante depuis 2025
L’édition 2026 intervient après une première expérience menée en 2025.
Lors de cette première campagne, 101 334 élèves filles avaient bénéficié de kits scolaires dans 750 localités.
En portant cette année le nombre de bénéficiaires à plus de 150 000 et celui des localités à plus de 1 500, le programme change donc d’échelle.
Cette progression traduit la volonté des pouvoirs publics et de leurs partenaires d’élargir progressivement les actions destinées à favoriser l’accès et le maintien des filles à l’école.
Réduire les inégalités face à l’éducation
La distribution des kits ne constitue pas une simple opération de remise de fournitures. Elle répond à un enjeu plus large lié à l’égalité des chances dans l’éducation.
Pour certaines familles, l’achat de fournitures scolaires peut représenter une charge importante au moment de la rentrée. En apportant directement un soutien matériel aux élèves ciblées, le programme vise à alléger cette pression et à créer de meilleures conditions pour leur scolarité.
L’objectif est également de contribuer à réduire les écarts d’accès à l’éducation entre les différentes catégories de la population et entre les territoires.
« Éduquer une fille, c’est préparer l’avenir »
Lors du lancement, Sandra Ablamba Johnson a insisté sur l’importance de l’éducation des jeunes filles pour l’avenir du pays.
L’éducation féminine est en effet considérée comme un facteur déterminant du développement des communautés. Une fille qui bénéficie d’une scolarité régulière dispose davantage de possibilités pour développer ses compétences, poursuivre une formation et construire son autonomie.
L’investissement dans leur éducation peut ainsi produire des effets qui dépassent largement le cadre individuel, en bénéficiant également aux familles et aux communautés.
Le soutien du SWEDD+ et des partenaires internationaux
La campagne s’inscrit dans le cadre du Projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique en Afrique subsaharienne plus (SWEDD+).
Le programme bénéficie notamment du soutien financier et technique de la Banque mondiale et de l’UNFPA.
Pour le Togo, le projet dispose d’un financement de 62,5 millions de dollars, intégré à une enveloppe régionale de 365 millions de dollars approuvée en 2023.
Ce partenariat permet de financer plusieurs interventions destinées à améliorer les conditions de vie, l’autonomisation et les perspectives d’avenir des femmes et des jeunes filles.
Une récompense pour les meilleures élèves
La deuxième édition introduit également une nouveauté destinée à encourager les performances scolaires.
Les filles ayant obtenu les meilleurs résultats aux examens du CEPD, du BEPC et du BAC dans les localités bénéficiaires recevront une récompense particulière.
Il s’agira notamment d’un set scolaire fabriqué au Togo à partir de matériaux recyclés. Celui-ci comprendra entre autres une plaque solaire et une lampe d’éclairage.
Cette initiative associe ainsi encouragement à l’excellence scolaire, promotion du savoir-faire local et sensibilisation à l’utilisation de matériaux recyclés.
Un programme qui va au-delà des fournitures scolaires
Le SWEDD+ intervient sur plusieurs facteurs susceptibles de freiner la scolarisation et l’autonomisation des jeunes filles.
Le projet accompagne notamment la délivrance d’actes de naissance, un document essentiel pour l’accès à plusieurs services et droits.
Dans le domaine sanitaire, il contribue également à l’équipement de formations sanitaires en appareils d’échographie et au déploiement de cliniques mobiles.
Ces interventions permettent d’aborder la situation des jeunes filles sous plusieurs angles, en tenant compte à la fois de l’éducation, de la santé et des conditions sociales.
Des formations pour renforcer l’autonomie économique
L’autonomisation économique constitue également un volet important du dispositif.
Des formations professionnelles gratuites sont notamment proposées à des jeunes filles vulnérables dans différents métiers. Parmi les domaines concernés figurent la couture, la coiffure et la broderie.
L’objectif est de leur permettre d’acquérir des compétences pratiques susceptibles de faciliter leur insertion professionnelle ou la création d’activités génératrices de revenus.
Cette approche complète les actions menées dans le secteur éducatif en donnant aux bénéficiaires des perspectives au-delà du parcours scolaire.
Une ambition plus large pour les jeunes filles
À travers cette nouvelle campagne, le Togo cherche donc à agir simultanément sur plusieurs obstacles qui peuvent compromettre l’avenir des jeunes filles.
L’accès aux fournitures scolaires constitue une première réponse. Mais l’accompagnement en matière d’état civil, de santé, de formation professionnelle et d’autonomisation économique permet d’élargir considérablement la portée du programme.
Avec plus de 150 000 bénéficiaires prévues dans plus de 1 500 localités, cette deuxième édition marque une montée en puissance du dispositif.
L’enjeu est désormais de faire en sorte que cet accompagnement contribue durablement au maintien des filles à l’école, à leur réussite scolaire et, à terme, à leur pleine participation au développement économique et social du Togo.

