Ce lundi 9 mars 2026, le paysage politique malgache a connu un bouleversement majeur. Le président Michaël Randrianirina, arrivé aux commandes de l’État en octobre 2025, a officiellement mis fin aux fonctions du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo ainsi qu’à celles de l’intégralité de son équipe gouvernementale. Cette décision intervient au terme de plusieurs semaines de tensions et d’interrogations sur la capacité de l’exécutif à redresser la situation économique et sociale du pays.
Une pression populaire et générationnelle
La dissolution du gouvernement fait suite à une contestation ouverte menée par des mouvements se revendiquant des générations Y et Z. Ces organisations avaient multiplié les appels à la démission du chef du gouvernement, dénonçant une gestion jugée inefficace et une maîtrise insuffisante des dossiers par plusieurs ministres.
Lors d’une manifestation publique tenue au stade Barea de Mahamasina, ces groupes de pression avaient clairement ciblé le Premier ministre, l’accusant de ne pas assumer ses responsabilités face aux attentes des citoyens. La dégradation des services publics, notamment les coupures d’eau et d’électricité récurrentes dans la capitale, a nourri ce ressentiment populaire.
La fin d’une période d’essai de deux mois
Cette restructuration gouvernementale n’est pas une surprise totale. Lors de la formation du cabinet en octobre 2025, le président Randrianirina avait imposé une période d’évaluation de deux mois à ses ministres pour démontrer leur aptitude à mettre en œuvre la politique de transition.
Le bilan à mi-parcours, jugé insuffisant tant par le palais présidentiel que par l’opinion publique, a précipité la fin de cette équipe. Le Premier ministre sortant avait lui-même admis en fin d’année que le délai imparti était trop court pour résoudre des problèmes structurels profonds.
Transition et enjeux internationaux
L’avenir de la transition malgache reste désormais au cœur des préoccupations. Le président Randrianirina a annoncé qu’un nouveau chef de gouvernement serait nommé prochainement, conformément aux dispositions constitutionnelles.
Cette étape est suivie avec vigilance par la communauté internationale, notamment l’Union africaine et la SADC, qui exigent des avancées tangibles vers un dialogue national inclusif. Le nouveau Premier ministre devra relever des défis immédiats : stabiliser les infrastructures de base, lutter contre la corruption endémique et préparer le cadre électoral pour les échéances prévues dans les 18 à 24 prochains mois.

