La transformation numérique du commerce africain était au cœur des discussions organisées en marge du Forum Biashara Africa à Lomé. À l’initiative de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo, en partenariat avec la Fédération des Chambres de Commerce et d’Industrie de l’Afrique de l’Ouest, un side event stratégique a réuni plusieurs acteurs publics et privés autour des défis de l’intégration économique africaine et du rôle du numérique dans le développement des échanges commerciaux.
Les débats ont principalement porté sur les opportunités offertes par la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine ainsi que sur les outils digitaux susceptibles de faciliter les échanges entre les pays du continent.
Le numérique au centre des ambitions économiques africaines
Au cours des échanges, les participants ont souligné que la réussite de la ZLECAf dépend largement de la capacité des États africains à moderniser leurs systèmes commerciaux et à accélérer leur transition numérique.
Pour plusieurs intervenants, le digital représente aujourd’hui un outil incontournable pour fluidifier les échanges, réduire les barrières administratives et renforcer la compétitivité des entreprises africaines.
Les responsables des Chambres de Commerce estiment que la transformation numérique peut contribuer à rapprocher les opérateurs économiques, simplifier les démarches commerciales et améliorer l’accès des entreprises aux marchés régionaux.
Dans un contexte marqué par la montée du commerce électronique et la digitalisation des services, plusieurs acteurs économiques considèrent désormais le numérique comme un levier essentiel de l’intégration africaine.
La CCI-Togo plaide pour une accélération de la digitalisation
Le président de la CCI-Togo, Dr José Kwassi SYMENOUH, a insisté sur l’importance du numérique dans la modernisation du commerce africain.
Selon lui, les outils digitaux permettent de réduire les contraintes administratives tout en rendant l’environnement économique plus accessible, plus inclusif et plus performant.
Il estime également que les Chambres de Commerce doivent désormais jouer un rôle plus actif dans l’accompagnement des entreprises face aux mutations technologiques qui transforment progressivement les échanges commerciaux sur le continent.
Pour les responsables de la CCI-Togo, la digitalisation apparaît comme une solution capable de soutenir les ambitions de la ZLECAf et d’améliorer la circulation des biens et services entre les États africains.

La ZLECAf présentée comme un outil de transformation économique
La FEWACCI a, de son côté, rappelé les enjeux stratégiques liés à l’accord de libre-échange continental africain.
Le message de l’organisation, lu par le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Nigéria, a mis en avant le rôle de la ZLECAf dans la transformation économique et industrielle de l’Afrique.
Selon les participants, cet accord ne doit pas être perçu uniquement comme un mécanisme commercial, mais également comme un instrument destiné à renforcer la souveraineté économique du continent et à stimuler le développement des industries africaines.
Les intervenants ont insisté sur la nécessité de créer un environnement favorable aux investissements, à l’innovation et à la compétitivité des entreprises africaines afin de tirer pleinement profit des opportunités offertes par la ZLECAf.
Les obstacles au commerce intra-africain toujours présents
Malgré les avancées enregistrées dans le processus d’intégration économique africaine, plusieurs défis continuent de freiner les échanges commerciaux entre les pays du continent.
Les participants ont notamment évoqué les lourdeurs administratives, les coûts logistiques élevés, les délais de traitement des formalités ainsi que la fragmentation des systèmes commerciaux.
Ces difficultés compliquent souvent la circulation des marchandises et réduisent la compétitivité des entreprises africaines sur les marchés régionaux.
Pour plusieurs experts, la solution passe par une accélération de la digitalisation des procédures commerciales et douanières.
Les discussions ont également porté sur la nécessité de développer des systèmes interconnectés entre les différents États afin de faciliter le partage des données commerciales et d’améliorer les mécanismes de contrôle et de gestion des risques.
Le Togo met en avant ses réformes économiques
Le représentant du ministre togolais de l’Économie et de la Veille stratégique a présenté plusieurs réformes engagées par le gouvernement pour améliorer le climat des affaires et favoriser les échanges régionaux.
Parmi les mesures évoquées figure notamment la suppression récente du visa d’entrée au Togo pour les ressortissants africains détenteurs d’un passeport national valide.
Cette décision vise à encourager la mobilité des acteurs économiques africains et à renforcer les échanges commerciaux entre le Togo et les autres pays du continent.
Les autorités togolaises souhaitent également poursuivre la modernisation des procédures administratives afin de faciliter davantage les opérations commerciales et logistiques.
Un partenariat renforcé entre le Togo et le Nigéria
En marge de la rencontre, la CCI-Togo et la NACCIMA ont signé un mémorandum d’entente destiné à renforcer la coopération économique entre le Togo et le Nigéria.
Cet accord prévoit plusieurs axes de collaboration, notamment le partage d’expériences, la facilitation des échanges commerciaux et l’accompagnement des entreprises des deux pays.
Les deux institutions entendent également promouvoir des initiatives conjointes et faciliter la mise en relation des opérateurs économiques togolais et nigérians.
Les responsables des deux organisations souhaitent ainsi encourager les entreprises à mieux exploiter les opportunités offertes par la ZLECAf.
Deux panels consacrés aux PME et aux corridors digitalisés
Les travaux ont été marqués par l’organisation de deux panels de discussions qui ont suscité de nombreux échanges entre les participants.
Le premier panel s’est intéressé aux opportunités offertes par le numérique aux petites et moyennes entreprises africaines.
Les discussions ont notamment porté sur les plateformes digitales des Chambres de Commerce, les certificats d’origine électroniques, le financement numérique et le développement du commerce électronique.
Le second panel a été consacré à la facilitation du commerce à travers les corridors digitalisés.
Les intervenants ont évoqué la simplification des procédures douanières, le recours à des systèmes logistiques intelligents ainsi que l’interconnexion des plateformes commerciales entre les États africains.
Les Chambres de Commerce appelées à jouer un rôle plus opérationnel
À l’issue des travaux, un constat largement partagé s’est dégagé : les Chambres de Commerce doivent désormais renforcer leur rôle opérationnel dans la mise en œuvre de la ZLECAf.
Plusieurs participants ont estimé qu’il est nécessaire d’aller au-delà des approches institutionnelles classiques afin d’accompagner concrètement les entreprises africaines sur le terrain.
Les intervenants ont également insisté sur l’importance d’une meilleure coordination entre les États africains afin de lever les obstacles persistants qui freinent encore les échanges commerciaux.
Cette rencontre organisée à Lomé confirme ainsi une tendance de fond : la transformation numérique apparaît désormais comme un passage incontournable pour accélérer l’intégration économique africaine et donner pleinement corps aux ambitions de la ZLECAf.

