Énergie nucléaire : à Londres, le Togo défend une vision adaptée aux réalités africaines

Fawzou
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Le Togo veut prendre part aux discussions internationales sur l’avenir de l’énergie nucléaire. Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a participé jeudi 10 septembre à Londres, au Royaume-Uni, à la 51ᵉ édition du Symposium mondial du nucléaire.

Invité d’honneur de cette rencontre qui a rassemblé des experts et des acteurs du secteur venus de plusieurs pays, le dirigeant togolais a appelé à mieux intégrer les besoins spécifiques de l’Afrique dans le développement mondial de l’énergie nucléaire.

L’Afrique face à des besoins énergétiques croissants

Organisé autour du thème « De l’ambition à l’action », le symposium intervient dans un contexte marqué par un regain d’intérêt pour le nucléaire. De nombreux pays considèrent cette source d’énergie comme une solution pouvant contribuer à renforcer leur sécurité énergétique, soutenir leur développement économique et accompagner la lutte contre le changement climatique.

Pour l’Afrique, la question revêt une importance particulière. L’industrialisation, le développement des infrastructures, l’essor du numérique et les besoins croissants du secteur de la santé nécessitent des sources d’électricité plus disponibles et plus fiables.

Face à ces défis, le continent cherche à diversifier ses options afin de répondre durablement à sa demande énergétique.

Des technologies à adapter aux réalités africaines

À Londres, Faure Gnassingbé a estimé que les technologies nucléaires pourraient offrir certaines possibilités aux pays africains. Il a notamment évoqué les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs.

Leur éventuelle utilisation devra cependant prendre en compte les réalités économiques, institutionnelles et techniques propres à chaque État.

Pour le Président du Conseil, l’Afrique ne doit pas être considérée uniquement comme un marché pour les technologies nucléaires. Elle doit pouvoir participer pleinement à la définition de ses choix énergétiques.

Cette ambition passe notamment par la formation de spécialistes locaux, le renforcement des capacités industrielles et la mise en place de mécanismes financiers adaptés.

Le Togo renforce progressivement son dispositif

Le Togo se prépare lui aussi à cette nouvelle donne. Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2012, le pays travaille progressivement à la mise en place des conditions nécessaires à une utilisation sûre et pacifique des technologies nucléaires.

Cette démarche s’est notamment traduite par la création du Commissariat à l’énergie atomique l’année dernière. Le pays a également conclu un nouveau cadre de coopération avec l’AIEA et poursuit l’étude des technologies susceptibles de répondre à ses besoins futurs.

Pour les autorités togolaises, cette préparation doit intervenir en amont de tout éventuel projet de production nucléaire. Elle concerne aussi bien les institutions que la réglementation, les compétences, les partenariats et les moyens de financement.

Le financement, un enjeu majeur

Le coût des infrastructures nucléaires constitue toutefois l’un des principaux défis pour les pays africains qui souhaitent s’engager dans cette voie.

Ces projets nécessitent des investissements importants et leur réalisation s’étend généralement sur de longues périodes. Les États doivent donc pouvoir compter sur des mécanismes financiers capables d’accompagner leurs projets sur plusieurs années.

Dans son intervention, Faure Gnassingbé a ainsi appelé à une évolution des mécanismes de financement internationaux afin de faciliter l’accès des pays africains aux ressources nécessaires.

La question financière figure également parmi les sujets discutés lors du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), dont la deuxième édition s’est tenue à Kigali, au Rwanda.

Lomé accueillera le prochain NEISA

Après Kigali, le Togo s’apprête à accueillir la prochaine édition du NEISA. La troisième édition du sommet se déroulera à Lomé du 1er au 3 juin 2027.

La rencontre devrait permettre de poursuivre les discussions sur plusieurs enjeux liés au développement du nucléaire en Afrique. Il sera notamment question de réglementation, de préparation institutionnelle, de formation, de financement et de développement des compétences industrielles.

Pour Lomé, l’accueil de cet événement représente une occasion de poursuivre les échanges sur les choix énergétiques du continent et sur les conditions nécessaires à un développement nucléaire responsable.

Le Togo adhère à un engagement international

À Londres, le Président du Conseil a également annoncé l’adhésion du Togo à la Déclaration lancée lors de la COP28 et visant à tripler la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050.

Cette décision place le pays parmi les États qui souhaitent accroître la contribution de l’énergie nucléaire aux objectifs de sécurité énergétique et de lutte contre le changement climatique.

Pour le Togo, cette orientation doit toutefois rester liée aux principes de sûreté, de sécurité et d’utilisation pacifique des technologies nucléaires.

À travers sa participation aux débats internationaux et la préparation de son propre cadre national, le pays entend ainsi contribuer à la réflexion sur l’avenir énergétique de l’Afrique, tout en défendant une approche tenant compte des réalités et des besoins du continent.

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