Une nouvelle commission pour mieux structurer les partenariats
La coopération entre les collectivités togolaises et leurs homologues étrangères entend franchir un nouveau cap. La Faîtière des communes du Togo (FCT) a engagé une démarche visant à mieux organiser les relations extérieures des municipalités et à faire de ces partenariats un véritable outil au service du développement local.
À Lomé, le 21 août 2026, une commission dédiée au plaidoyer, à la coopération décentralisée et à la coopération transfrontalière a tenu sa première réunion. Cette nouvelle instance rassemble 22 maires issus de différentes communes du pays. Elle est dirigée par Me Coffi Alexis Aquereburu, maire de la commune Lacs 1.
Cette rencontre marque une étape dans la volonté de la FCT de donner davantage de cohérence aux initiatives internationales portées par les collectivités territoriales.
Passer des partenariats aux résultats concrets
Pour les communes, la coopération décentralisée ne se limite pas à la signature d’accords ou à l’établissement de relations avec des collectivités étrangères. Elle peut permettre d’accéder à des compétences techniques, de bénéficier d’expériences venues d’autres territoires et de rechercher des financements pour répondre à des besoins locaux.
Encore faut-il que les municipalités disposent des capacités nécessaires pour identifier les partenaires, présenter des projets suffisamment structurés et assurer leur suivi dans la durée.
C’est justement sur ces enjeux que la nouvelle commission souhaite concentrer son action. Ses travaux devront notamment permettre de recenser les difficultés rencontrées par les communes et de proposer des mécanismes susceptibles d’améliorer leur accès aux opportunités offertes par la coopération internationale.
La présidente de la FCT, Koubouni Touni, a relevé plusieurs obstacles qui freinent encore cette dynamique. Parmi eux figurent une organisation parfois insuffisante des relations avec les partenaires, une communication limitée, une connaissance encore partielle des opportunités disponibles et des difficultés à mobiliser des ressources pour financer les initiatives locales.
Une coopération internationale en développement
La création de cette commission intervient dans un contexte marqué par une multiplication des initiatives de coopération au niveau des collectivités togolaises.
En mars 2026, la FCT avait notamment engagé un programme destiné à accompagner 20 communes ne disposant pas encore de relations de coopération internationale décentralisée. L’initiative vise à renforcer les capacités de ces collectivités afin de leur permettre de mieux se positionner auprès de partenaires extérieurs et de développer des projets communs.
D’autres rapprochements ont également été engagés avec des organisations représentant des collectivités de la sous-région. En mai, un accord de partenariat a notamment été conclu avec l’Association des municipalités du Niger. Les domaines concernés comprennent la gouvernance locale, le développement territorial, l’amélioration des services municipaux ainsi que le partage d’expériences.
Les relations avec des collectivités béninoises constituent également un autre axe de coopération développé par la FCT, notamment autour des problématiques communes aux territoires frontaliers.
Le renforcement des capacités au cœur de la démarche
La coopération territoriale bénéficie également d’un programme consacré à la gouvernance locale pour la période 2025-2027. Celui-ci prévoit des actions destinées à améliorer les compétences des acteurs locaux et à renforcer les mécanismes de coopération entre collectivités.
Doté d’une enveloppe de 620 millions de francs CFA pour une durée de 24 mois, le programme prévoit notamment un appui aux initiatives de coopération décentralisée et au renforcement des capacités des responsables territoriaux.
La FCT travaille dans ce cadre avec les structures publiques chargées de l’administration territoriale, de la gouvernance locale et de la formation des collectivités.
L’objectif est de permettre aux communes de mieux maîtriser les outils nécessaires à la conception, à la négociation et au suivi de projets de coopération.
Une commission appelée à jouer un rôle opérationnel
Pour Me Coffi Alexis Aquereburu, la coopération doit avant tout répondre aux réalités auxquelles les communes sont confrontées. Les échanges avec d’autres collectivités peuvent notamment favoriser le transfert de savoir-faire, la formation des équipes municipales et la recherche de solutions adaptées aux besoins des populations.
Le responsable de la commission souhaite ainsi éviter que cette nouvelle structure ne devienne uniquement un cadre de discussion produisant des recommandations sans suite.
Son ambition est d’en faire un espace permanent de concertation et d’action, capable de recueillir les difficultés rencontrées sur le terrain et de transmettre à la FCT des propositions directement exploitables.
Cette orientation devrait également permettre de mieux sélectionner les partenariats, en privilégiant les projets susceptibles de produire des effets mesurables dans les communes.
117 communes concernées
Avec 117 communes réparties sur les cinq régions administratives du Togo, la FCT constitue un espace majeur de représentation et de concertation des collectivités locales.
La mise en place de cette commission ouvre donc une nouvelle réflexion sur la manière dont les communes peuvent utiliser leurs relations extérieures pour accélérer leur développement.
L’enjeu, dans les prochains mois, sera de transformer les contacts institutionnels et les accords de coopération en projets effectivement réalisés : amélioration des services publics, développement économique local, renforcement des compétences municipales, gestion des infrastructures ou encore initiatives transfrontalières.
Au-delà du nombre de partenariats conclus, la réussite de cette nouvelle démarche se mesurera surtout à son impact sur les territoires. La FCT entend ainsi faire de la coopération décentralisée un levier concret de la décentralisation et un moyen supplémentaire pour rapprocher l’action des collectivités des besoins quotidiens des populations.

