Le Togo accueille depuis le 22 juin la huitième réunion du Comité des pêches pour l’Atlantique Centre-Est (COPACE). Cette rencontre régionale rassemble à Lomé des représentants gouvernementaux, des experts techniques et plusieurs acteurs du secteur halieutique autour d’un objectif commun : améliorer la gestion durable de la pêche artisanale et préserver les ressources marines pour les générations futures.
Pendant plusieurs jours, les participants examineront les défis auxquels est confronté le secteur de la pêche dans la région et identifieront les actions prioritaires à mettre en œuvre pour les prochaines années.
Une rencontre stratégique pour l’avenir de la pêche
La pêche demeure une activité essentielle pour de nombreux pays de l’Atlantique Centre-Est. Elle constitue une source importante de revenus, d’emplois et d’alimentation pour des millions de personnes.
Face à la pression croissante exercée sur les ressources halieutiques, les États membres du COPACE souhaitent renforcer leur coopération afin d’assurer une exploitation plus responsable des stocks de poissons.
La réunion de Lomé offre ainsi un cadre de concertation permettant aux différents pays de partager leurs expériences, d’échanger leurs données et de définir des stratégies communes pour mieux gérer les ressources marines.
Des discussions axées sur la collecte et le partage des données
L’un des principaux sujets abordés concerne l’amélioration de la collecte des données statistiques dans le secteur de la pêche artisanale.
Les experts estiment qu’une meilleure connaissance des captures, des espèces exploitées et de l’évolution des stocks constitue une condition indispensable pour prendre des décisions efficaces.
Les travaux portent notamment sur :
- l’identification et la caractérisation des pêcheries artisanales ;
- le renforcement des systèmes de collecte de données ;
- l’amélioration des mécanismes de suivi des ressources halieutiques ;
- l’harmonisation des méthodes d’analyse entre les pays membres ;
- le partage des informations à l’échelle régionale.
L’objectif est de disposer de données fiables permettant d’orienter les politiques publiques et les mesures de gestion des ressources marines.
Préserver les stocks de poissons pour les générations futures
La diminution progressive de certaines espèces de poissons constitue une préoccupation majeure pour les acteurs du secteur.
La surexploitation des ressources, les changements climatiques, la pollution marine et certaines pratiques de pêche non durables exercent une pression croissante sur les écosystèmes marins.
Face à cette situation, les pays membres du COPACE souhaitent renforcer les mécanismes de surveillance et promouvoir des pratiques plus responsables.
Les discussions engagées à Lomé devraient permettre de définir des indicateurs communs pour mieux évaluer l’état des ressources halieutiques et anticiper les risques liés à leur épuisement.
La pêche, un secteur important pour le Togo
Au Togo, la pêche joue un rôle significatif dans l’économie nationale et dans la sécurité alimentaire des populations.
Chaque année, près de 20 000 tonnes de poissons sont produites par le secteur halieutique. Une grande partie de cette production est transformée localement grâce à des techniques traditionnelles comme le fumage, le séchage ou la friture.
Ces activités génèrent des revenus pour des milliers de pêcheurs, mareyeuses, transformatrices et commerçants qui dépendent directement de la filière.
La préservation des ressources marines représente donc un enjeu économique et social majeur pour le pays.
Renforcer la sécurité alimentaire dans la sous-région
La pêche artisanale contribue fortement à l’alimentation des populations africaines.
Dans plusieurs pays de la région, le poisson constitue l’une des principales sources de protéines animales. Toute baisse importante des ressources halieutiques pourrait avoir des conséquences directes sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés côtières.
Les participants à la réunion de Lomé souhaitent ainsi promouvoir une gestion durable permettant de maintenir les niveaux de production tout en protégeant les écosystèmes marins.
Cette approche vise à garantir un équilibre entre exploitation économique et préservation des ressources naturelles.
Une coopération régionale indispensable
Les ressources marines ne connaissent pas de frontières. Les mêmes espèces circulent souvent entre plusieurs zones maritimes appartenant à différents pays.
Dans ce contexte, une gestion isolée par chaque État serait insuffisante pour assurer la durabilité des stocks de poissons.
C’est pourquoi le COPACE encourage une coopération renforcée entre les pays membres à travers le partage d’informations, l’harmonisation des politiques de pêche et la mise en place de mécanismes communs de suivi.
La rencontre de Lomé s’inscrit pleinement dans cette dynamique de collaboration régionale.
Le rôle du COPACE dans la gestion des ressources marines
Le Comité des pêches pour l’Atlantique Centre-Est est une organisation spécialisée chargée de promouvoir l’exploitation durable des ressources biologiques marines dans sa zone d’intervention.
Il regroupe plusieurs pays côtiers ainsi que des États ayant un intérêt dans les activités de pêche de la région.
Sa mission consiste notamment à :
- favoriser la coopération scientifique ;
- améliorer la gestion des ressources halieutiques ;
- encourager le développement durable du secteur ;
- renforcer les capacités techniques des États membres ;
- soutenir les initiatives visant à protéger les écosystèmes marins.
Grâce à ses travaux, le comité contribue à une meilleure connaissance des ressources et à une gestion plus efficace des activités de pêche.
Vers une pêche plus durable en Afrique de l’Ouest
Les conclusions de cette huitième réunion devraient permettre d’élaborer de nouvelles orientations pour la période 2026-2028.
Les participants ambitionnent de renforcer les systèmes de suivi des ressources, d’améliorer la qualité des données disponibles et de favoriser une exploitation plus responsable des stocks de poissons.
À travers cette rencontre, les pays membres réaffirment leur volonté commune de préserver les ressources halieutiques tout en garantissant les revenus des acteurs du secteur et la sécurité alimentaire des populations.

