Togo : une nouvelle loi d’orientation agricole pour moderniser le secteur et renforcer la souveraineté alimentaire

mouidatou
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Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa volonté de transformer durablement son agriculture. Réunis le jeudi 22 octobre 2026, à l’occasion de la quatrième séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’année, les députés ont examiné le projet de loi d’orientation agricole. Ce texte entend doter le pays d’un cadre juridique capable d’accompagner la modernisation du secteur, d’améliorer les performances des exploitations et de renforcer la sécurité alimentaire nationale.

Inscrite dans les priorités de la feuille de route gouvernementale, cette initiative ambitionne également de faire de l’agriculture un véritable moteur de croissance économique, de création d’emplois et de développement des territoires ruraux.

Un cadre juridique de 207 articles pour transformer l’agriculture

Structuré en dix titres comprenant 207 articles, le projet de loi définit les principales orientations devant guider l’évolution du secteur agricole togolais.

Il couvre plusieurs domaines essentiels, notamment la production, l’élevage, la protection sanitaire des végétaux et des animaux, la gestion des ressources naturelles, la recherche, la formation et l’organisation des marchés.

L’objectif est de renforcer la cohérence des interventions publiques et privées afin de favoriser une agriculture plus productive et mieux structurée.

Le texte prévoit également des dispositions relatives à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, aux droits humains ainsi qu’à l’équité sociale dans les politiques agricoles.

Le changement climatique au cœur des préoccupations

Lors des discussions parlementaires, le président de l’Assemblée nationale, le professeur Komi Sélom Klassou, a attiré l’attention sur les transformations environnementales qui fragilisent progressivement les activités agricoles.

Il a notamment évoqué la multiplication des sécheresses, des inondations, des vents violents et des périodes prolongées d’ensoleillement, dont les conséquences affectent les terres cultivables et la biodiversité.

Face à ces défis, la nouvelle orientation agricole entend promouvoir une exploitation plus responsable des ressources naturelles.

La préservation des écosystèmes, la gestion durable des terres et le développement de pratiques adaptées aux changements climatiques figurent ainsi parmi les priorités retenues.

L’ambition est de permettre aux producteurs de maintenir leurs activités tout en renforçant leur capacité à faire face aux perturbations environnementales.

Accroître la productivité et moderniser les exploitations

Le projet de loi s’appuie sur plusieurs initiatives déjà engagées par les pouvoirs publics pour améliorer les performances du secteur.

Celles-ci concernent notamment l’aménagement des terres agricoles, l’accès aux intrants de qualité, la maîtrise de l’eau, la mécanisation et la lutte contre les maladies affectant les cultures et les animaux.

Une attention particulière est également accordée à l’irrigation et à la diffusion des innovations technologiques.

Ces orientations visent à améliorer les rendements, à renforcer les capacités des exploitants et à favoriser une professionnalisation progressive des activités agricoles.

Le développement de la recherche et de la vulgarisation agricole doit également contribuer à rapprocher les connaissances scientifiques des besoins concrets des producteurs.

Miser sur la transformation locale et les investissements

Au-delà de l’augmentation des volumes de production, le gouvernement souhaite encourager la création de valeur ajoutée à travers le développement des industries agroalimentaires.

Cette ambition repose notamment sur la transformation locale des produits agricoles, afin de renforcer leur compétitivité et de multiplier les opportunités économiques.

Dans son intervention au nom du groupe parlementaire UNIR, Aklesso Atcholi a salué la vision du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, en matière de transformation structurelle de l’économie nationale.

Il a particulièrement insisté sur la nécessité de dépasser un modèle essentiellement fondé sur la production primaire pour développer davantage les activités de transformation et les emplois qui en découlent.

Le texte prévoit également de faciliter les investissements privés, de promouvoir les partenariats public-privé et de soutenir l’agriculture contractuelle.

Les jeunes et les femmes au centre des ambitions agricoles

La modernisation du secteur repose aussi sur une meilleure participation des différentes catégories de producteurs.

Le projet accorde ainsi une place importante à l’inclusion sociale, notamment à travers l’accompagnement des jeunes ruraux et la prise en compte du genre dans les politiques agricoles.

Le renforcement des organisations professionnelles et l’amélioration de l’accès aux financements et aux marchés constituent également des axes prioritaires.

Ces mesures doivent contribuer à rendre les activités agricoles plus attractives et à favoriser l’émergence d’exploitations économiquement viables.

Vers une agriculture plus compétitive et résiliente

À travers cette initiative législative, le Togo entend consolider les acquis enregistrés dans le secteur tout en apportant des réponses durables aux difficultés qui freinent encore son développement.

Le président de l’Assemblée nationale a ainsi appelé les différents acteurs à poursuivre leur mobilisation pour accompagner les transformations envisagées.

L’enjeu sera désormais de traduire les orientations définies par ce cadre juridique en actions concrètes, capables d’améliorer les conditions de vie des producteurs et de renforcer la contribution de l’agriculture à l’économie nationale.

Cette réforme traduit ainsi l’ambition de construire un secteur agricole plus performant, durable et créateur de richesses, au service de la souveraineté alimentaire du Togo.

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