Le paysage intellectuel et stratégique du Burkina Faso s’enrichit d’une nouvelle expertise togolaise. Lors du Conseil des ministres du 19 mars 2026, le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a validé la nomination de Sogoyou Kokou Kéguéwé au sein du Conseil d’orientation de l’Institut des peuples noirs-Farafina. Cette désignation place l’ancien diplomate au cœur d’un organe clé chargé de promouvoir les identités africaines et de structurer les relations avec les diasporas.
Une nomination au sein d’un cercle d’influence panafricain
Sogoyou Kokou Kéguéwé intègre une équipe multidisciplinaire composée de figures reconnues pour leur engagement en faveur de la souveraineté continentale. À ses côtés siègent des personnalités telles que Nathalie Yamb, Franklin Nyamsi ou encore Claude Aimé Tassembedo. Ce collège d’experts, composé d’universitaires et de consultants, a pour mission de guider les réflexions de l’Institut Farafina et de renforcer le rayonnement culturel et intellectuel de l’Afrique sur la scène internationale, dans un contexte marqué par l’affirmation de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Un parcours entre haute diplomatie et communication d’État
Né en 1958, Sogoyou Kokou Kéguéwé dispose d’une trajectoire professionnelle dense. Formé aux sciences de la communication à Lomé puis en Allemagne, il a occupé des fonctions stratégiques au service de l’État togolais. Après avoir dirigé la rédaction de Radio Kara, il a embrassé une carrière diplomatique internationale, d’abord en tant que responsable du service de presse à l’ambassade du Togo à Paris, puis comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Allemagne de 1996 à 2001.
Depuis son retour au Togo, il occupe le poste de conseiller technique au sein du cabinet du ministère de la Communication, tout en restant une figure médiatique active. Ses interventions régulières sur la chaîne New World TV lui confèrent une visibilité notable dans les débats portant sur la géopolitique régionale et les relations internationales.
Une personnalité entre engagements et controverses historiques
Le profil de Sogoyou Kokou Kéguéwé ne laisse pas indifférent et suscite des lectures divergentes selon les observateurs. Pour ses partisans, il incarne une expertise solide en communication et une capacité à créer des ponts diplomatiques, notamment entre le Togo et des partenaires comme la Russie. Son positionnement actuel le place comme un défenseur des politiques de souveraineté et un analyste critique de l’influence étrangère sur le continent.
À l’inverse, des récits issus de la période de transition démocratique des années 1990 au Togo dressent un portrait plus contrasté. Certains acteurs de l’époque lui attribuent un rôle d’activiste influent au sein du parti au pouvoir à Kara, affirmant qu’il se serait opposé aux mouvements de changement portés par la Conférence nationale souveraine de 1991. Ces critiques voient en lui un pilier historique du système institutionnel togolais, dont les réflexes de défenseur du pouvoir en place resteraient intacts.
Un rôle stratégique pour le rayonnement culturel africain
Malgré ces débats sur son passé politique, sa nomination à Ouagadougou témoigne de la confiance placée en lui par les autorités burkinabè pour ses compétences en ingénierie culturelle et diplomatique. Au sein de l’Institut Farafina, il est attendu sur sa capacité à transformer les discours panafricanistes en stratégies concrètes de développement et de valorisation des savoirs endogènes.
Sa maîtrise des rouages de la communication internationale et son expérience des relations bilatérales sont perçues comme des atouts pour doter l’Institut d’une voix forte dans le concert des nations.

