Au Togo, les administrations publiques sont davantage appelées à prendre en compte la protection des informations personnelles des citoyens. Une rencontre organisée mardi 15 septembre 2026 à Lomé a réuni 33 ministères et institutions de la République autour de cette question devenue essentielle avec la transformation numérique des services publics.
Initiée par l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP), la rencontre avait pour objectif de rappeler aux structures publiques leurs obligations et de les accompagner dans le processus de mise en conformité.
Les administrations invitées à mieux encadrer leurs fichiers
Au cours des échanges, plusieurs sujets ont été abordés, notamment la désignation de correspondants chargés de la protection des données, l’identification des différents fichiers détenus par les administrations et les mesures nécessaires pour sécuriser les informations traitées.
Pour les responsables de l’IPDCP, il ne s’agit pas uniquement de respecter des exigences administratives. La protection des données constitue également un élément important dans la relation entre les citoyens et les services publics.
Bialabna Abaloutou, chef du service conformité à l’IPDCP, a notamment insisté sur le lien entre protection des informations, souveraineté numérique et confiance. Les administrations sont ainsi invitées à garantir une meilleure protection des renseignements collectés dans le cadre de leurs missions.
Des informations particulièrement sensibles entre les mains de l’État
L’importance de cette démarche s’explique aussi par la nature des données gérées par les services publics. L’administration dispose notamment d’informations concernant l’état civil, la santé, les impôts ou encore les différents mécanismes d’aide sociale.
La gestion de ces données nécessite donc des mesures adaptées afin de limiter les risques liés à leur utilisation ou à leur conservation.
Au Togo, le cadre juridique a évolué avec l’adoption, en 2019, d’une nouvelle loi destinée à renforcer la protection des données à caractère personnel. Ce dispositif précise notamment les responsabilités liées à la collecte et au traitement des informations dans le cadre des missions publiques.
Un correspondant dans chaque direction
Pour faciliter l’application de ces règles, l’IPDCP recommande aux ministères et institutions de mettre en place un réseau de correspondants à la protection des données.
Ces responsables auront notamment pour rôle de veiller à l’application des exigences au sein de leur direction. Ils devront également accompagner les agents dans leurs pratiques quotidiennes et assurer le lien entre leur administration et l’IPDCP.
Cette organisation doit permettre de mieux intégrer la protection des données dans le fonctionnement habituel des services publics, plutôt que de considérer cette question comme une simple formalité administrative.
L’inventaire des fichiers comme première étape
Les administrations sont également encouragées à réaliser un inventaire des fichiers qu’elles détiennent. Cette opération doit permettre d’identifier les informations collectées, leur utilisation et les conditions dans lesquelles elles sont conservées.
L’IPDCP invite les structures concernées à se rapprocher de ses services afin d’engager progressivement leur mise en conformité.
Selon Bédiani BELEI, président de l’IPDCP, l’Instance souhaite privilégier l’accompagnement et le dialogue avec les administrations. L’objectif affiché est de permettre aux responsables publics de mieux comprendre les règles et de trouver les moyens de les appliquer dans leurs structures.
Une sensibilisation appelée à se poursuivre
La rencontre de Lomé s’inscrit dans une série d’actions menées depuis plusieurs mois par l’IPDCP. L’Instance multiplie les séances d’échanges avec les différents acteurs afin de renforcer la connaissance des règles encadrant les données personnelles.
Pour les administrations, cette démarche intervient alors que les services publics utilisent de plus en plus les outils numériques pour collecter, traiter et conserver les informations des citoyens.
Le renforcement des pratiques de sécurité et la responsabilisation des agents apparaissent ainsi comme des étapes importantes pour accompagner cette évolution. L’IPDCP entend poursuivre son travail auprès des institutions afin de favoriser une meilleure prise en compte de la protection des données dans les services publics togolais.

