La presse sportive togolaise est en deuil. Le journaliste sportif Mileck Désiré Séna Agbokou est décédé le lundi 8 juillet 2024 à l’âge de 49 ans. Sa disparition intervient seulement un mois après celle de Fidèle Mawuena, autre figure du service des sports de Radio Lomé. Un nouveau choc pour la rédaction sportive de la radio nationale.
Formé à l’ESTAC, Mileck Agbokou était passionné de radio depuis son jeune âge. Déjà au collège, il imitait les commentaires de matchs de football. Après avoir réussi le concours général de recrutement de la fonction publique en 2009, il est affecté à Radio Lomé où il devient rapidement une référence dans le journalisme sportif.
Au sein de la division sportive, il travaille avec plusieurs grandes figures de la presse togolaise comme Hans Masro ou Komla Eklou. Grâce à son talent, son expérience et sa maîtrise du micro, il réussit à redonner un nouveau souffle aux émissions sportives de la radio nationale.
Mileck Agbokou était connu pour son style direct et libre. Il invitait plusieurs acteurs du sport dans ses émissions et abordait les sujets sans détour. Cette liberté de ton lui a parfois causé des difficultés. Lors d’une émission en direct, un invité avait critiqué un ancien ministre des Sports. L’incident lui avait valu une suspension d’antenne.
Promu chef de section sport, il était aussi reconnu pour sa rigueur au travail. Il exigeait beaucoup des jeunes journalistes et des stagiaires qu’il encadrait. Toujours franc dans ses prises de parole, il n’hésitait pas à dénoncer certaines conditions de travail à Radio Lomé. Au cours d’une émission, il avait publiquement demandé le remplacement des ampoules défectueuses du studio. Cette sortie lui avait également attiré des sanctions administratives.
Son franc-parler ne faisait pas toujours l’unanimité dans un média d’État. Quelques mois avant son décès, il avait été affecté à la direction de la production et des échanges, sans responsabilité particulière. Une décision difficile à accepter pour cet amoureux du micro et du journalisme sportif.
En dehors de la radio, Mileck Agbokou était aussi engagé dans la promotion du football local. Il organisait un tournoi dans la préfecture du Kloto appelé ATP. Le tournoi venait d’ailleurs de démarrer quelques jours avant son décès.
Selon ses proches, il était malade depuis une dizaine de jours. Il laisse derrière lui une épouse et trois enfants.
Plusieurs confrères lui ont rendu hommage après l’annonce de sa disparition. Beaucoup retiennent de lui un homme courageux, simple et toujours souriant malgré les difficultés.
Un journaliste raconte une anecdote marquante. Alors qu’il couvrait un sommet de l’UEMOA à l’aéroport de Lomé, Mileck Agbokou avait appelé sans le savoir le numéro du président Faure Gnassingbé. Lorsque le chef de l’État l’a rappelé, le journaliste n’avait pas reconnu immédiatement son interlocuteur avant de comprendre plus tard qu’il s’agissait du président lui-même.
Un autre confrère évoque un ami fidèle et résilient. Il explique que Mileck Agbokou gardait toujours le sourire même dans les moments difficiles. Les deux hommes partageaient une forte relation d’amitié et avaient même été témoins aux mariages l’un de l’autre.
Pour beaucoup de ses collègues, Mileck Agbokou restera l’image d’un journaliste passionné, travailleur et sincère, qui défendait ses convictions sans peur. Sa disparition laisse un grand vide dans le paysage médiatique togolais.

