Le secteur cacaoyer togolais poursuit sa montée en puissance avec la mise en service prochaine d’une nouvelle infrastructure dédiée à l’amélioration de la qualité de la production nationale. Le 3 juin prochain, un centre de traitement post-récolte du cacao sera officiellement inauguré à Mpoti, dans la préfecture de Blitta.
Cette nouvelle installation, portée par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao, vient compléter les efforts engagés pour renforcer la compétitivité du cacao togolais sur les marchés spécialisés. Elle s’inscrit dans une stratégie nationale visant à améliorer la qualité des fèves produites localement et à accroître la valeur ajoutée générée par la filière.
Après la réalisation d’un premier centre d’excellence à Abréwankor, cette nouvelle infrastructure constitue une étape supplémentaire dans la modernisation des opérations post-récolte.
Une infrastructure au service de la qualité
Le centre de Mpoti a été construit dans le cadre de la mise en œuvre des Plans de développement des filières café et cacao. Ces programmes visent à améliorer durablement la production, la productivité et la qualité des principales cultures d’exportation du pays.
Installé sur une superficie d’environ un hectare, le site a été conçu pour répondre aux exigences des marchés internationaux en matière de traitement du cacao.
L’infrastructure comprend plusieurs équipements destinés à assurer un traitement optimal des fèves après la récolte. Elle dispose notamment d’un magasin de stockage doté d’un espace administratif, d’un hall de fermentation et de tri équipé de plusieurs caisses spécialisées, ainsi que d’une aire de séchage moderne permettant d’améliorer la qualité finale du produit.
Le centre comprend également des installations destinées à accueillir les producteurs et les techniciens, notamment des dortoirs, un vestiaire et des équipements sanitaires.
Selon les responsables de la filière, l’ensemble de ces aménagements vise à garantir le respect des normes de qualité exigées par les acheteurs internationaux.
Un investissement soutenu par des partenaires internationaux
La réalisation du centre de Mpoti a bénéficié du soutien financier de plusieurs partenaires engagés dans le développement durable de la filière cacao.
Le projet a été financé grâce à la contribution du Département des Yvelines, en France, ainsi que de l’association Chocolatiers et Pâtissiers du Monde.
L’investissement mobilisé pour la construction de cette infrastructure s’élève à plus de trente millions de francs CFA.
Pour les partenaires impliqués, ce projet participe à la promotion d’un cacao de qualité supérieure capable de répondre aux attentes des marchés spécialisés et des transformateurs internationaux.
Cette coopération illustre également l’intérêt croissant porté au potentiel du cacao togolais dans les circuits de commercialisation à forte valeur ajoutée.
Accroître la présence du cacao togolais sur les marchés spécialisés
Les responsables du CCFCC considèrent ce centre comme un outil stratégique pour renforcer le positionnement du cacao togolais sur les marchés de niche.
Selon eux, l’objectif est d’augmenter progressivement les volumes de cacao d’excellence commercialisés à l’international tout en améliorant les revenus des producteurs.
Grâce à cette nouvelle infrastructure, les autorités de la filière espèrent accroître les quantités de cacao répondant aux critères de qualité recherchés par les chocolatiers spécialisés.
Le secrétaire général du CCFCC, Enselme Gouthon, a souligné que ce centre contribuera à renforcer la réputation du cacao togolais sur les marchés premium.
L’ambition affichée est de développer une offre capable de séduire les acheteurs à la recherche de produits aux caractéristiques aromatiques spécifiques et à forte traçabilité.
Cette stratégie s’inscrit dans la volonté du Togo de mieux valoriser sa production agricole en ciblant des segments plus rémunérateurs.
Vers la promotion d’un chocolat entièrement issu du cacao togolais
Les partenaires internationaux engagés dans le projet affichent également une vision ambitieuse pour l’avenir de la filière.
L’un des objectifs évoqués est de promouvoir un chocolat élaboré exclusivement à partir de cacao produit au Togo.
Cette démarche vise à mettre en avant l’identité du cacao togolais et à renforcer sa visibilité auprès des consommateurs internationaux.
Pour les acteurs du secteur, le développement d’un chocolat issu intégralement de la production nationale permettrait de valoriser davantage le savoir-faire des producteurs et de renforcer l’image du pays sur les marchés spécialisés.
Cette orientation pourrait également contribuer à stimuler les activités de transformation locale et à créer davantage de valeur ajoutée au sein de la filière.
Un centre dédié à la formation des producteurs
Au-delà de son rôle dans le traitement post-récolte, le centre de Mpoti a également vocation à devenir un espace de renforcement des compétences pour les producteurs.
Des sessions de formation y seront organisées afin d’accompagner les agriculteurs dans l’amélioration de leurs pratiques.
Les bénéficiaires pourront notamment être formés aux techniques de cabossage, de fermentation et de séchage, qui constituent des étapes essentielles dans la production d’un cacao de qualité.
Les responsables du projet estiment que la maîtrise de ces opérations permettra d’améliorer significativement la qualité des fèves et d’accroître leur valeur commerciale.
Cette approche vise à renforcer l’autonomie des producteurs tout en consolidant les performances de la filière à long terme.
Une meilleure valorisation économique pour les producteurs
Le nouveau centre devrait également offrir des avantages économiques aux producteurs de la région.
Les responsables de la filière ont indiqué que le cacao traité dans ce cadre bénéficiera d’un mécanisme de valorisation destiné à sécuriser les revenus des agriculteurs.
Ainsi, les producteurs pourront vendre leur cacao à un prix garanti de 1 400 FCFA par kilogramme, indépendamment des fluctuations observées sur les marchés internationaux.
Cette mesure vise à protéger les exploitants contre les variations de prix et à encourager la production d’un cacao répondant aux standards de qualité recherchés.
Une nouvelle étape pour la filière cacao togolaise
L’ouverture du centre de Mpoti confirme la volonté du Togo de poursuivre la modernisation de sa filière cacao et de renforcer sa présence sur les marchés internationaux les plus exigeants.
En misant sur l’amélioration de la qualité, la formation des producteurs et la valorisation économique de la production, les autorités entendent faire du cacao un levier important de développement agricole et de création de richesse.
Cette nouvelle infrastructure vient ainsi consolider les efforts engagés pour positionner durablement le cacao togolais parmi les productions africaines reconnues pour leur excellence et leur potentiel de transformation.

