À Lomé, un plaidoyer fort pour accélérer l’intégration du transport aérien africain
À l’ouverture de la première Convention et Exposition africaines du transport aérien organisée à Lomé, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a lancé un appel en faveur d’une mise en œuvre concrète du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA). Devant plusieurs chefs d’État, responsables gouvernementaux et acteurs du secteur aérien, il a insisté sur la nécessité de passer des engagements politiques à des actions capables de transformer durablement le continent.
La rencontre réunit notamment le président rwandais Paul Kagame, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, des ministres africains des Transports ainsi que des représentants d’institutions continentales et internationales de l’aviation civile.
Faire de l’intégration une réalité visible
Dans son intervention, le dirigeant togolais a rappelé que l’intégration africaine ne doit pas rester une ambition inscrite dans les textes, mais produire des résultats concrets pour les populations et les économies.
Selon lui, le développement du transport aérien constitue un élément essentiel pour rapprocher les pays africains, faciliter les échanges commerciaux et renforcer la compétitivité du continent.
Il a également souligné que les difficultés de connexion entre certaines capitales africaines illustrent encore les défis à relever pour construire un véritable espace aérien intégré.
Rendre le transport aérien plus accessible
Faure Gnassingbé a également insisté sur la nécessité de rendre les déplacements aériens plus abordables pour les citoyens et les entreprises.
Il estime que des coûts élevés, des taxes importantes et des procédures administratives complexes constituent encore des obstacles à la mobilité et à l’intégration économique.
Pour y remédier, il plaide pour davantage de transparence dans les redevances, une simplification des formalités et une accélération de la digitalisation des services liés au transport aérien.
L’objectif est de favoriser une circulation plus fluide des personnes et des marchandises sur l’ensemble du continent.
Un levier pour le développement économique
Au-delà du transport de passagers, le Président du Conseil considère l’aviation comme un véritable outil de développement.
Selon lui, un secteur aérien performant peut soutenir l’agriculture, l’industrie, la santé, le commerce numérique et les exportations à forte valeur ajoutée.
Il a particulièrement mis en avant le rôle du fret aérien dans le renforcement des chaînes de valeur régionales et dans la réussite de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Cette vision repose sur une meilleure articulation entre les différents modes de transport afin de renforcer la compétitivité des économies africaines.
Construire une industrie aéronautique plus solide
Le dirigeant togolais a également appelé à investir davantage dans le développement d’un écosystème aéronautique moderne.
Cela passe notamment par des infrastructures performantes, des compagnies aériennes solides, des services techniques de qualité, des systèmes numériques fiables et une réglementation adaptée aux enjeux actuels.
Il a aussi insisté sur l’importance de la formation et du développement des compétences locales afin de créer des emplois qualifiés et de renforcer l’autonomie du continent dans ce secteur stratégique.
Lomé veut contribuer à une nouvelle dynamique africaine
À travers l’organisation de cette convention continentale, le Togo entend participer activement aux réflexions sur l’avenir du transport aérien africain.
Les travaux doivent permettre de proposer des solutions concrètes pour accélérer la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain et renforcer la coopération entre les différents acteurs du secteur.
Au-delà des aspects techniques, le message porté depuis Lomé est celui d’une Afrique mieux connectée, plus compétitive et davantage tournée vers une intégration économique capable de soutenir son développement sur le long terme.

