Enseignement supérieur : la “Déclaration de Lomé” marque une nouvelle étape pour la recherche scientifique en Afrique

Fawzou
8 min de lecture

Lomé au cœur des réflexions sur la recherche universitaire

La capitale togolaise, Lomé, a accueilli récemment la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur. Pendant quatre jours, chercheurs, enseignants, experts et responsables institutionnels venus de plusieurs pays se sont réunis pour réfléchir aux enjeux actuels de la recherche scientifique en Afrique.

Au terme des travaux, les participants ont adopté un document stratégique baptisé “Déclaration de Lomé”, destiné à renforcer la coopération scientifique entre les États membres et à améliorer la coordination des politiques nationales de recherche.

Cette déclaration constitue une étape importante dans la volonté des pays membres du CAMES de construire un espace scientifique africain plus intégré et mieux structuré.

Une rencontre scientifique d’envergure internationale

Les Journées scientifiques du CAMES représentent l’un des plus grands rendez-vous académiques dans l’espace francophone africain. Cette 7ᵉ édition a réuni un grand nombre de chercheurs et d’universitaires issus des institutions d’enseignement supérieur.

Au total, plus de 1 076 participants ont pris part aux différentes sessions, dont 903 communicants venus présenter leurs travaux scientifiques. Ces contributions ont couvert plusieurs domaines de recherche, allant des sciences sociales aux sciences exactes, en passant par les technologies, la santé ou encore l’innovation.

Outre les pays membres du CAMES, la rencontre a également attiré des participants venus d’autres régions du monde, notamment d’Allemagne, de France, du Canada, du Nigéria et d’Éthiopie.

Cette diversité de participants illustre l’intérêt croissant que suscitent les initiatives africaines visant à renforcer la recherche scientifique et les collaborations universitaires.

La “Déclaration de Lomé”, un texte stratégique pour la recherche

L’adoption de la Déclaration de Lomé constitue l’un des résultats majeurs de cette rencontre scientifique. Ce document vise à établir une orientation commune pour les politiques de recherche dans les pays membres du CAMES.

L’objectif principal est de mieux coordonner les stratégies nationales en matière de recherche scientifique afin de favoriser une collaboration plus étroite entre les institutions universitaires et les centres de recherche.

Concrètement, la déclaration encourage les États à travailler ensemble pour définir des priorités scientifiques communes et pour développer des projets de recherche à l’échelle régionale.

Elle met également l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération entre les universités, les laboratoires et les organismes de recherche.

Mutualiser les ressources et les compétences scientifiques

L’un des défis majeurs auxquels sont confrontés de nombreux systèmes universitaires africains concerne le manque de ressources dédiées à la recherche.

La Déclaration de Lomé propose ainsi une approche basée sur la mutualisation des moyens. Cette stratégie consiste à mettre en commun les infrastructures, les compétences scientifiques et les ressources financières afin de renforcer l’efficacité des activités de recherche.

En encourageant les partenariats entre les universités et les centres de recherche, les pays membres du CAMES souhaitent créer un environnement plus favorable à la production scientifique.

Cette dynamique pourrait également permettre de réduire les disparités existantes entre les institutions et de renforcer les capacités de recherche sur l’ensemble du continent.

Construire une vision commune de la recherche africaine

Pour les responsables du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur, la Déclaration de Lomé représente bien plus qu’un simple document politique.

Elle incarne une vision collective de la recherche scientifique en Afrique, fondée sur la coopération, l’innovation et le partage des connaissances.

Les responsables de l’organisation estiment que cette approche permettra de mieux orienter les efforts scientifiques vers les priorités de développement du continent.

Les thématiques telles que la sécurité alimentaire, la santé publique, les technologies numériques, l’environnement ou encore l’industrialisation figurent parmi les domaines dans lesquels la recherche africaine peut jouer un rôle déterminant.

Un appel à renforcer la coopération entre les États

Les responsables politiques présents lors de la cérémonie de clôture ont souligné l’importance d’une mobilisation collective pour soutenir la recherche scientifique.

Le ministre de l’éducation nationale du Togo, Mama Omorou, a notamment insisté sur la nécessité de renforcer les passerelles entre les chercheurs et les institutions nationales.

Selon lui, les États membres doivent intensifier leur coopération afin de faciliter la circulation des connaissances, des technologies et des compétences scientifiques.

Cette coopération pourrait contribuer à créer un véritable espace africain de recherche, capable de répondre efficacement aux défis économiques et sociaux du continent.

Valoriser les talents scientifiques africains

Au-delà des politiques institutionnelles, la rencontre de Lomé a également mis en lumière le rôle central des chercheurs africains dans le développement du continent.

Les Journées scientifiques du CAMES offrent en effet une plateforme importante permettant aux universitaires de présenter leurs travaux, d’échanger leurs idées et de développer de nouvelles collaborations.

Ces échanges favorisent la diffusion des connaissances et encouragent l’émergence de nouvelles initiatives scientifiques.

La valorisation des talents africains constitue un enjeu essentiel pour renforcer la compétitivité des universités et stimuler l’innovation.

Dans ce contexte, plusieurs experts estiment que les États doivent investir davantage dans la formation des chercheurs et dans le financement des projets scientifiques.

L’importance de l’innovation dans le développement du continent

La recherche scientifique est aujourd’hui considérée comme un moteur essentiel du développement économique et social.

Dans de nombreux pays, les universités et les centres de recherche jouent un rôle clé dans la production de nouvelles connaissances et dans le développement de solutions innovantes.

En Afrique, les défis sont nombreux : changement climatique, urbanisation rapide, transition énergétique ou encore transformation numérique.

Face à ces enjeux, le renforcement de la recherche scientifique apparaît comme un levier stratégique pour accompagner les politiques publiques et soutenir la croissance économique.

Vers un espace scientifique africain plus intégré

L’adoption de la Déclaration de Lomé ouvre ainsi la voie à une coopération scientifique plus structurée entre les pays membres du CAMES.

En harmonisant les politiques de recherche et en encourageant le partage des ressources, les États souhaitent créer un environnement plus favorable au développement de la science et de l’innovation.

Cette dynamique pourrait contribuer à renforcer la visibilité de la recherche africaine sur la scène internationale et à promouvoir une meilleure collaboration entre les universités du continent.

À long terme, les initiatives issues de cette déclaration pourraient permettre de construire un véritable réseau scientifique africain, capable de répondre aux grands défis du XXIᵉ siècle et de soutenir le développement durable du continent.

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