Le Togo entend accélérer la modernisation de son économie maritime en s’inspirant des expériences étrangères. Lors de son séjour officiel en Chine, du 9 au 16 octobre, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, s’est rendu à Xiamen, une ville portuaire située dans la province du Fujian.
Cette visite avait pour objectif d’identifier des pratiques susceptibles de soutenir les ambitions togolaises dans plusieurs domaines : développement maritime, logistique portuaire, attractivité des investissements, recherche océanographique et innovation technologique.
Un modèle fondé sur la performance portuaire et l’innovation
Créée en 1980, Xiamen figure parmi les premières zones économiques spéciales de Chine. Son développement repose notamment sur sa position géographique stratégique, son port en eau profonde, ses infrastructures logistiques, les investissements productifs et la formation des compétences.
Au cours de sa visite du port de Xiamen, Faure Gnassingbé a pu découvrir des technologies destinées à améliorer les opérations portuaires. Parmi elles figurent des véhicules pilotés à distance grâce à l’intelligence artificielle, utilisés pour fluidifier le trafic et optimiser les activités.
Le déplacement auprès de l’entreprise SDIC Intelligence a également permis d’observer la contribution des technologies intelligentes à la modernisation des infrastructures et des services.
Le Port de Lomé et la PIA, des atouts à consolider
L’expérience chinoise présente plusieurs pistes de réflexion pour le Togo, qui dispose déjà d’infrastructures importantes pour développer son économie maritime.
Le Port de Lomé, port en eau profonde et premier port à conteneurs d’Afrique de l’Ouest, constitue un levier majeur pour les échanges commerciaux. La Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) représente également un atout pour renforcer les activités industrielles et logistiques.
L’enjeu est désormais de tirer parti de ces infrastructures, en explorant des solutions adaptées au contexte togolais pour améliorer la performance des services, attirer davantage d’investissements et renforcer la compétitivité du pays.
La recherche océanographique au cœur des perspectives de coopération
La visite présidentielle a également conduit à l’Institut d’océanographie n°3 de Xiamen. Cette étape a mis en évidence l’importance de la recherche scientifique et de l’innovation dans la connaissance des océans et la gestion durable des ressources marines.
Elle a aussi ouvert des perspectives de coopération scientifique et technique entre les institutions togolaises et chinoises.
Pour le Togo, cette orientation présente un intérêt particulier. Après la création, en 2018, de l’Institut des métiers de la mer (I2M), le pays prépare le lancement d’un centre de recherche en océanographie.
Le développement de telles capacités pourrait contribuer à une meilleure connaissance du milieu marin et accompagner les politiques liées à l’économie bleue.
Sécurité maritime et gouvernance des océans
Au cours de son passage à Xiamen, le Président du Conseil s’est également entretenu avec plusieurs médias chinois. Les échanges ont notamment porté sur la coopération maritime, la sécurité dans le golfe de Guinée et la gouvernance des océans.
Ces sujets complètent les ambitions économiques du Togo dans le secteur maritime. Le développement des infrastructures et des échanges commerciaux doit en effet s’accompagner d’une attention portée à la sécurité des espaces maritimes et à la gestion durable des ressources.
Un partenariat tourné vers la modernisation
À travers cette visite, le Togo explore plusieurs leviers pour renforcer son positionnement maritime : technologies intelligentes, logistique, investissements et recherche scientifique.
L’expérience de Xiamen ne constitue pas un modèle à reproduire à l’identique, mais une source d’inspiration pour identifier des solutions adaptées aux réalités nationales.
Les perspectives de coopération avec la Chine pourraient ainsi contribuer aux efforts de modernisation du secteur, avec pour ambition de valoriser les atouts du Port de Lomé, de la PIA et des futures capacités de recherche océanographique du pays.

