Dans plusieurs localités de la région de la Kara, au nord du Togo, les communautés rurales se mobilisent pour redonner vie aux espaces naturels fragilisés et améliorer leurs moyens de subsistance. À Tchikawa, dans la préfecture de la Binah, à Tamdè Lao, dans le Doufelgou, ainsi qu’à Kassi, des initiatives de restauration environnementale et de développement agricole transforment progressivement le quotidien des habitants.
Ces réalisations s’inscrivent dans le projet Food for Assets (FFA), ou Assistance alimentaire pour la création d’actifs, lancé en 2024 dans les régions de la Kara et des Savanes. Le programme associe protection des ressources naturelles, amélioration de la sécurité alimentaire et création d’infrastructures communautaires.
Des aménagements pour lutter contre la dégradation des sols
Sur les versants montagneux de Tchikawa et de Tamdè Lao, les populations participent activement à des travaux destinés à limiter l’érosion et à favoriser la régénération des terres.
Les interventions consistent notamment à construire des diguettes, creuser des tranchées et réaliser des aménagements en terrasses, communément appelés « sourcils ».
Ces ouvrages permettent de ralentir le ruissellement des eaux pluviales, de conserver l’humidité dans les sols et de créer des conditions favorables au retour de la végétation.
À Tamdè Lao, plus de 600 bénéficiaires ont contribué aux travaux. Selon Sana Assinda, président du Comité villageois de développement (CVD), environ 19 000 aménagements ont été réalisés au cours de l’année.
Les premières améliorations sont déjà perceptibles sur certaines portions restaurées, où la végétation commence progressivement à reprendre place.
Le reboisement pour renforcer la résilience climatique
La restauration des terres s’accompagne également d’activités de production et de plantation d’arbres.
Une pépinière centrale a notamment permis de produire près de 30 000 plants au cours de l’année. Elle regroupe différentes essences, dont des arbres fruitiers sélectionnés en fonction des besoins des communautés.
Une partie des plants est destinée aux espaces montagneux restaurés, tandis que d’autres sont distribués aux ménages afin d’encourager le reboisement autour des habitations.
Pour Maman Saley, responsable du bureau régional du Programme alimentaire mondial (PAM) à Kara, cette initiative contribue également à l’ambition nationale de planter un milliard d’arbres d’ici 2030.
Au-delà des plantations, la réussite de cette démarche dépendra toutefois de l’entretien des jeunes arbres et de leur capacité à résister aux conditions climatiques locales.
À Kassi, l’accès à l’eau soutient les activités maraîchères
Dans la localité de Kassi, les interventions du FFA répondent principalement aux difficultés d’approvisionnement en eau rencontrées par les producteurs.
La diminution progressive du niveau de la rivière pendant la saison sèche compromet régulièrement la culture des légumes, notamment la tomate, le piment, le gombo et le chou.
Pour réduire cette dépendance aux ressources hydriques saisonnières, les communautés ont sollicité la construction de 50 puits.
Selon Manawa Charlotte Gnassibou, point focal régional du projet à l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB), 20 ouvrages ont déjà été réalisés. Leur équipement en motopompes fait également l’objet de démarches.
Ces installations devraient permettre aux maraîchers de prolonger leurs activités agricoles et de mieux sécuriser leurs productions.
Des pistes rurales pour faciliter l’écoulement des récoltes
Outre les infrastructures hydrauliques, le projet accompagne l’aménagement de voies d’accès reliant les zones agricoles aux marchés et à certaines infrastructures sociales.
Ces pistes rurales facilitent notamment le transport des récoltes et les déplacements des populations.
À Kassi, les producteurs commercialisent une partie de leurs légumes sur les marchés locaux, tandis qu’une autre quantité contribue à l’approvisionnement des cantines scolaires.
Cette activité représente ainsi une source de revenus pour les ménages tout en participant à l’amélioration de l’alimentation des élèves.
Une approche fondée sur la participation communautaire
Le projet FFA est mis en œuvre par le gouvernement togolais avec l’accompagnement du PAM et le soutien financier d’Australian Aid.
Sa coordination est assurée par le ministère chargé du Développement à la base, à travers l’ANADEB, en collaboration avec les départements ministériels chargés de l’Agriculture et de l’Éducation nationale.
Les bénéficiaires participent directement à la réalisation des ouvrages et reçoivent une motivation journalière destinée à soutenir leur mobilisation.
Le programme encourage également la création de jardins potagers familiaux et la distribution de foyers améliorés pour réduire la consommation de bois de chauffe.
Les investissements sont définis selon les besoins exprimés par les communautés elles-mêmes, afin de garantir leur adéquation avec les réalités locales.
À travers ces différentes actions, le FFA entend construire une résilience durable, en associant restauration des écosystèmes, développement agricole et amélioration des conditions de vie des populations rurales.

