Opposition togolaise : plusieurs regroupements dénoncent un « plan de maintien au pouvoir »

Omega
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Opposition togolaise déclaration 2026

Quatre organisations de l’opposition togolaise, notamment la DMK, la DMP, le parti LDP et le front « Touche Pas À Ma Constitution », ont publié une déclaration commune pour exprimer leur vive opposition à l’évolution institutionnelle actuelle du pays. À travers ce document, ces entités dénoncent le passage à la Vème République et mettent en garde contre ce qu’elles considèrent comme une stratégie visant à assurer la pérennité du chef de l’État à la tête du pays.

Une transition constitutionnelle sous le feu des critiques

Le cœur de la contestation repose sur la réforme adoptée en avril 2024 par l’Assemblée nationale. Les signataires rappellent que cette modification a été votée par des députés dont le mandat était arrivé à expiration, sans qu’une consultation populaire directe ne soit organisée. Selon ces organisations, le basculement vers un régime parlementaire supprime l’élection présidentielle au suffrage universel direct, permettant ainsi au titulaire actuel du pouvoir de briguer de nouveaux mandats sous une nouvelle forme juridique.

Pour ces acteurs politiques, la mise en œuvre de cette réforme s’apparente à une planification visant à contourner les limitations de mandats antérieures. Ils estiment que le cadre institutionnel actuel manque de légitimité tant sur le plan national qu’international.

Allégations sur un nouveau scénario de transition

La déclaration détaille ce que l’opposition qualifie de « stratagème » inspiré des événements de 2005. Selon les informations rapportées par les signataires, le pouvoir prévoirait une séquence politique en plusieurs étapes :

  • L’ouverture d’un dialogue avec des segments choisis de la classe politique au sein du Cadre Permanent de Concertation (CPC).
  • Une nouvelle révision de la charte fondamentale stipulant que le chef de l’exécutif doit être issu des rangs parlementaires.
  • La dissolution de la chambre législative suivie de nouvelles élections.
  • L’accession de l’actuel président au poste de « président du conseil des ministres » après son élection comme député.

Parallèlement, les signataires pointent du doigt des tensions au sein du CPC, notamment concernant la répartition des sièges à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), alors même qu’aucune consultation électorale n’est théoriquement prévue à court terme.

Un isolement diplomatique croissant évoqué

Le document souligne également une pression extérieure qui s’ajouterait à la contestation interne. Les signataires évoquent un « froid » diplomatique entre Lomé et certains partenaires de la sous-région, notamment au sein de la CEDEAO.

Plusieurs facteurs expliqueraient cette situation : la gestion de dossiers sensibles comme l’accueil de l’ancien président burkinabè Paul-Henri Damiba, mais aussi le positionnement diplomatique jugé ambigu du Togo, oscillant entre les institutions régionales traditionnelles et les nouvelles alliances comme l’Alliance des États du Sahel (AES).

Appel à une mobilisation citoyenne et revendications

Face à ce constat, les quatre organisations appellent à un « sursaut citoyen ». Elles exhortent la population, et particulièrement la jeunesse, à rester vigilante et à se mobiliser pour exiger un changement de cap. La déclaration liste dix exigences majeures, parmi lesquelles :

  • La libération de tous les détenus politiques et le retour des exilés.
  • L’arrêt du processus de la Vème République.
  • L’ouverture d’une transition politique pour refonder les institutions nationales.
  • Le respect des engagements internationaux en matière de démocratie et de libertés publiques.

En conclusion de leur communiqué, les signataires Thomas Kokou Nsoukpoé (DMK-Originale), Sambiri Targone (DMP), Tchagnaou Ouro-Akpo (LDP) et Nathaniel Olympio (Touche Pas À Ma Constitution) réaffirment leur détermination à poursuivre la lutte pour ce qu’ils définissent comme la restauration de la démocratie au Togo.

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