Sommet mondial sur l’IA à Séoul : le Togo met en avant ses ambitions numériques

mouidatou
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Le Togo prend part au Sommet mondial consacré à l’intelligence artificielle et au numérique, organisé du 19 au 22 octobre 2026 à Séoul, en Corée du Sud. À travers cette participation, le pays entend promouvoir une utilisation des technologies émergentes au service du développement économique et social, particulièrement dans les domaines de la protection sociale, de l’éducation et de l’accès aux services publics.

La ministre chargée de la Transformation numérique, Cina Lawson, doit présenter les principales orientations nationales lors d’une session prévue le mercredi 21 octobre, consacrée aux opportunités que représente l’intelligence artificielle pour les économies en développement.

Une intelligence artificielle tournée vers les besoins des populations

La participation togolaise à cette rencontre internationale s’inscrit dans une volonté de promouvoir des solutions numériques capables de répondre aux défis quotidiens des populations.

Pour le pays, l’intelligence artificielle représente notamment un outil susceptible d’améliorer l’efficacité des politiques publiques et de faciliter l’accès aux services essentiels.

Cette approche privilégie des applications concrètes, allant de l’identification des personnes vulnérables au développement des compétences numériques.

À Séoul, le Togo entend ainsi mettre en lumière plusieurs initiatives nationales qui illustrent les possibilités offertes par l’intégration des technologies dans les stratégies de développement.

Novissi, une expérience de protection sociale numérique

Parmi les projets présentés figure Novissi, un programme de transferts monétaires mis en place pendant la pandémie de Covid-19 pour soutenir les populations économiquement fragilisées.

Ce dispositif s’est appuyé sur les technologies numériques pour faciliter l’identification des bénéficiaires et organiser le versement des aides financières.

L’utilisation de méthodes d’apprentissage automatique a notamment permis d’améliorer le ciblage des ménages vulnérables, illustrant les possibilités d’application de l’intelligence artificielle dans les politiques de solidarité.

Cette expérience constitue un exemple de mobilisation des outils technologiques pour répondre à une situation d’urgence sociale.

Elle démontre également l’intérêt de développer des solutions adaptées aux réalités locales, particulièrement dans les contextes où l’accès aux mécanismes traditionnels de protection sociale demeure limité.

La formation au cœur de la stratégie nationale

Le développement de l’intelligence artificielle nécessite également des ressources humaines capables de concevoir, d’utiliser et d’adapter les nouveaux outils technologiques.

Dans cette perspective, le Togo mise sur un programme national de formation associant plusieurs compétences complémentaires.

Les enseignements concernent notamment la programmation informatique, la maîtrise de l’anglais et l’acquisition de connaissances numériques liées à l’intelligence artificielle.

Cette orientation vise à préparer les apprenants aux évolutions technologiques et à favoriser l’émergence de compétences locales dans un domaine en pleine expansion.

En investissant dans la formation, le pays cherche à renforcer sa capacité à participer au développement des technologies plutôt qu’à se limiter à leur utilisation.

« Voix du Togo » pour intégrer les langues nationales

La prise en compte des réalités linguistiques constitue un autre volet de la stratégie numérique togolaise.

À travers l’initiative « Voix du Togo », le pays travaille à la constitution de ressources linguistiques destinées à améliorer la compréhension des langues locales par les systèmes d’intelligence artificielle.

Ce projet répond à un enjeu important : permettre aux technologies numériques de mieux prendre en compte la diversité linguistique des populations.

La disponibilité de données adaptées pourrait notamment favoriser le développement d’outils capables de fonctionner dans différentes langues togolaises.

Cette démarche s’inscrit dans une vision plus inclusive de l’innovation, où les avancées technologiques doivent pouvoir bénéficier à un public plus large.

Un investissement de 100 millions de dollars dans la connectivité

Le développement des usages numériques dépend également de la disponibilité d’infrastructures adaptées.

Pour répondre à cet impératif, le Togo bénéficie de l’appui de la Banque mondiale dans le cadre du Projet d’accélération numérique du Togo.

Approuvé en décembre 2024, ce programme dispose d’un financement initial de 100 millions de dollars.

Il prévoit notamment de renforcer la connectivité des institutions publiques, particulièrement les établissements scolaires, les structures sanitaires et les administrations locales.

L’amélioration de ces infrastructures doit contribuer à faciliter l’accès aux services numériques et à créer des conditions plus favorables à l’utilisation des nouvelles technologies.

Séoul, une tribune pour les économies en développement

La présence du Togo au sommet de Séoul intervient dans un contexte où l’accès équitable à l’intelligence artificielle occupe une place croissante dans les discussions internationales.

Pour les économies en développement, les principaux enjeux concernent notamment la formation, les infrastructures, l’accessibilité des outils et leur adaptation aux besoins nationaux.

L’intervention annoncée de Cina Lawson doit permettre de partager l’expérience togolaise et de contribuer aux réflexions sur les conditions nécessaires à une utilisation inclusive de l’IA.

À travers Novissi, les programmes de formation, « Voix du Togo » et les investissements dans la connectivité, le pays entend défendre une transformation numérique orientée vers des applications concrètes et des bénéfices accessibles aux populations.

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