Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa volonté de promouvoir les langues africaines. Le ministère des Affaires étrangères a lancé un appel à candidatures destiné à recruter des traducteurs capables d’adapter la nouvelle carte du monde dans plusieurs langues du continent.
Cette initiative s’adresse notamment aux traducteurs professionnels, linguistes, enseignants, chercheurs, universités et associations culturelles. Toute personne disposant de compétences reconnues dans une ou plusieurs langues africaines peut également postuler. Les candidatures individuelles et collectives sont acceptées.
L’objectif est de rendre les informations géographiques plus accessibles aux populations en utilisant des langues qu’elles comprennent et pratiquent au quotidien.
Des noms géographiques à traduire et à adapter
Les candidats retenus auront pour mission de traduire les noms des continents, des océans, des pays, des capitales et des grandes régions géographiques.
Le travail ne se limitera pas à la traduction des noms. Il faudra également adapter le titre et la légende de la carte, rédiger une courte notice explicative et élaborer un glossaire justifiant les choix terminologiques et orthographiques.
Cette démarche vise à garantir la cohérence des traductions et à tenir compte des particularités linguistiques de chaque communauté.
Plusieurs langues concernées, une liste ouverte
L’appel couvre une diversité de langues africaines, parmi lesquelles le haoussa, le yoruba, l’igbo, l’amharique, l’oromo, le wolof, le fulfulde, le lingala, le zoulou, le malgache, l’éwé, le kabyè, le kotokoli, le bambara et le somali.
La liste n’est toutefois pas exhaustive. D’autres langues africaines peuvent être proposées, y compris celles parlées au sein des communautés de la diaspora.
Cette ouverture permet d’envisager une participation plus large et de mieux prendre en compte la diversité linguistique du continent.
Des cartes gratuites pour les écoles et les administrations
Les versions traduites seront publiées sous licence ouverte et mises gratuitement à la disposition des écoles, des médias, des administrations et des plateformes numériques.
Les enseignants pourront ainsi les utiliser comme supports pédagogiques, tandis que les médias et les institutions pourront s’en servir pour diffuser des informations géographiques dans différentes langues africaines.
Au-delà de la traduction, cette initiative entend contribuer à la transmission des connaissances, à la valorisation des langues locales et à leur présence dans les ressources éducatives et numériques.
Une sélection fondée sur trois critères
Les candidatures seront évaluées selon trois critères précis :
- Maîtrise de la langue écrite proposée : 65 % de la note ;
- Expérience en traduction technique, éducative ou cartographique : 20 % ;
- Ancrage auprès des utilisateurs de la langue : 15 %.
La maîtrise de l’écriture constitue donc le principal critère de sélection, complétée par l’expérience professionnelle et la connaissance des communautés concernées.
Les personnes intéressées doivent transmettre leur dossier exclusivement par voie électronique à l’adresse suivante : gifty.dagadou@diplomatie.gouv.tg.
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30 décembre 2026. Les modalités de constitution des dossiers sont disponibles en ligne.
La résolution « Corriger la carte » en toile de fond
Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la résolution « Corriger la carte », adoptée le 4 septembre dernier par l’Assemblée générale des Nations unies, selon les informations communiquées dans l’appel.
Portée par le Togo au nom du Groupe des États africains, avec le soutien de l’Union africaine, cette résolution encourage l’utilisation de représentations cartographiques reflétant plus fidèlement les superficies réelles des continents.
En associant cette démarche à la traduction de la carte dans les langues africaines, le Togo entend également favoriser une meilleure appropriation des connaissances géographiques par les populations.
À travers cet appel, le pays ouvre ainsi une possibilité de participation aux spécialistes des langues et aux acteurs culturels, tout en mettant en avant la diversité linguistique africaine et l’accès gratuit au savoir.

