Karité : la campagne 2026-2027 démarre avec un prix plancher de 300 FCFA le kilo

Fawzou
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La filière karité entre dans une nouvelle campagne de commercialisation au Togo. La campagne 2026-2027 a été officiellement lancée en fin de semaine dernière à Kara, donnant ainsi le coup d’envoi aux opérations de collecte et de commercialisation des noix de karité.

La cérémonie a réuni les différents acteurs de la filière autour des règles devant encadrer les échanges au cours de cette nouvelle campagne.

À cette occasion, les parties prenantes du Conseil interprofessionnel de la filière karité du Togo (CIFKAT) ont signé un accord définissant plusieurs dispositions destinées à organiser le marché et à mieux encadrer la commercialisation de la production nationale.

Une production estimée à 45 000 tonnes

La production nationale de noix de karité est estimée à environ 45 000 tonnes par an.

Une partie importante de cette production doit alimenter les unités de transformation installées au Togo. Les besoins des transformateurs locaux sont évalués à près de 31 000 tonnes.

Face à cet écart entre la production disponible et les besoins des unités locales, l’accord prévoit une période moratoire.

Cette disposition doit permettre aux transformateurs nationaux de s’approvisionner en priorité avant que les éventuels volumes excédentaires ne soient orientés vers les marchés extérieurs.

L’objectif est ainsi de favoriser une meilleure disponibilité de la matière première pour les unités locales et de soutenir le développement de la transformation sur le territoire national.

Le kilogramme fixé à 300 FCFA au minimum

Pour la campagne 2026-2027, le prix plancher d’achat des noix de karité est fixé à 300 FCFA le kilogramme bord champ.

Ce prix constitue le niveau minimum retenu pour les achats auprès des producteurs dans le cadre de la campagne.

Le dispositif prévoit également plusieurs mécanismes destinés à renforcer la transparence et l’organisation du marché.

Parmi eux figure notamment la traçabilité des paiements, qui doit permettre de mieux suivre les transactions effectuées au sein de la chaîne de commercialisation.

Des règles pour mieux structurer la filière

L’accord signé entre les acteurs prévoit également une contribution interprofessionnelle.

Cette contribution doit participer aux efforts de structuration de la filière et accompagner les différentes actions destinées à améliorer son fonctionnement.

Le dispositif met aussi l’accent sur le contrôle de la qualité des noix ainsi que sur la formation des acteurs.

Ces mesures doivent contribuer à améliorer les pratiques tout au long de la chaîne, depuis la collecte jusqu’à la transformation et la commercialisation.

Pour les producteurs et les autres professionnels du secteur, l’enjeu est notamment de parvenir à une meilleure organisation du marché tout en renforçant la qualité de la production.

Préserver les ressources en karité

L’ouverture de la campagne intervient également dans un contexte où la disponibilité de la ressource constitue un enjeu important.

Le gouvernement entend poursuivre les actions destinées à protéger le parc à karité dans les différentes zones de production.

Les campagnes de reboisement doivent également être intensifiées afin de contribuer au renouvellement et à la préservation des ressources forestières.

La protection des arbres à karité apparaît ainsi comme un élément essentiel pour assurer la pérennité de la filière et maintenir les capacités de production dans les années à venir.

Miser sur la transformation locale

Au-delà de la commercialisation des noix, les acteurs souhaitent également renforcer la transformation locale.

L’amélioration de la qualité des noix, l’accès au financement et la modernisation des équipements figurent parmi les orientations mises en avant pour cette nouvelle campagne.

Le développement des capacités de transformation doit permettre de créer davantage de valeur ajoutée au niveau national, plutôt que de limiter la filière à la commercialisation de la matière première.

Cette dynamique pourrait également contribuer à améliorer les revenus des nombreux ménages qui tirent une partie de leurs ressources des activités liées au karité.

Une ressource importante pour les communautés rurales

Le karité occupe une place importante dans les économies rurales du Togo et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest.

Son fruit fournit des noix qui peuvent être transformées en beurre de karité. Celui-ci trouve de nombreux débouchés dans différents domaines, notamment l’alimentation, la cosmétique et la pharmacopée traditionnelle.

La filière mobilise ainsi différents acteurs, depuis les producteurs et collecteurs jusqu’aux transformateurs et commerçants.

Pour de nombreuses communautés rurales, les activités liées au karité constituent donc une source de revenus et un moyen de valoriser les ressources locales.

Une campagne placée sous le signe de la valorisation

Avec l’ouverture de la campagne 2026-2027, les acteurs de la filière disposent désormais d’un cadre défini pour organiser la commercialisation de la production nationale.

Le prix plancher de 300 FCFA le kilogramme, la priorité accordée aux transformateurs locaux, la traçabilité des paiements et le renforcement du contrôle qualité figurent parmi les principales mesures de cette nouvelle campagne.

L’enjeu sera désormais de traduire ces orientations dans les pratiques afin de renforcer durablement la filière, préserver la ressource et accroître la valeur créée localement autour du karité.

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