La Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) entend renforcer son attention sur les contenus diffusés sur les réseaux sociaux au Togo. L’institution a échangé, mardi 22 septembre 2026, avec des créateurs de contenus et plusieurs acteurs actifs sur les plateformes numériques.
Cette rencontre marque une nouvelle étape dans les relations entre l’organe de régulation et un univers numérique devenu incontournable dans la circulation de l’information et les débats publics. Elle intervient également alors que les réseaux sociaux occupent une place croissante dans les habitudes de communication des citoyens.
Une rencontre avec les créateurs de contenus
La rencontre s’est tenue au siège de la HAAC. Face au nombre important de participants, la salle de conférence n’a pas suffi à accueillir l’ensemble des invités. Un espace couvert a donc été aménagé dans la cour de l’institution afin de permettre la tenue des échanges.
La mobilisation autour de cette rencontre illustre la place progressivement prise par les créateurs de contenus dans l’espace numérique togolais. Vidéastes, influenceurs et autres utilisateurs actifs des réseaux sociaux produisent et diffusent quotidiennement des contenus susceptibles d’être vus par un large public.
Pour la HAAC, cette évolution implique également une réflexion sur les règles applicables à ces nouveaux modes de communication.
La HAAC veut mieux encadrer les contenus numériques
Au cours des échanges, le président de la HAAC, Willbronde Pitalounani Telou, a présenté les grandes orientations envisagées par l’institution.
Selon lui, la HAAC travaille à la mise en place de mécanismes permettant notamment d’identifier les auteurs de contenus considérés comme problématiques et d’intervenir lorsque cela est nécessaire.
L’institution entend s’appuyer sur plusieurs structures spécialisées dans le cadre de cette démarche. L’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy), l’Instance de protection des données à caractère personnel (IPDCP) et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) ont notamment été citées.
Cette collaboration doit permettre de renforcer les capacités techniques nécessaires au suivi des contenus diffusés sur les plateformes numériques.
La sensibilisation présentée comme première étape
Pour le moment, la HAAC affirme vouloir privilégier la sensibilisation auprès des créateurs de contenus.
L’objectif consiste notamment à les amener à mieux mesurer les conséquences de leurs publications et à respecter les règles applicables à la diffusion d’informations sur les plateformes numériques.
En cas de publication d’une information jugée incorrecte, une rectification pourrait être demandée à son auteur. Le dispositif présenté prévoit également différentes étapes avant une éventuelle mesure de retrait.
Selon les explications données lors de la rencontre, un contenu pourrait d’abord être mis en veille et son auteur invité à se conformer aux règles. En cas de récidive, des mesures plus importantes pourraient ensuite être envisagées, notamment le retrait du contenu ou la suppression du compte.
La HAAC présente donc la sensibilisation et la mise en conformité comme des étapes précédant les éventuelles mesures de sanction.
Les contenus considérés comme haineux ou violents concernés
La question des contenus susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à la cohésion sociale figure également parmi les préoccupations exprimées par l’institution.
Le président de la HAAC a notamment évoqué les publications à caractère haineux ou violent. L’objectif affiché est de disposer de mécanismes permettant d’intervenir lorsque de tels contenus sont identifiés.
Cette orientation intervient alors que les réseaux sociaux constituent désormais un espace majeur de discussion, où peuvent circuler aussi bien des informations d’intérêt public que des contenus susceptibles de provoquer des tensions.
La régulation envisagée cherche donc à intégrer cette nouvelle réalité dans le champ d’action de l’institution.
Une attention portée aux contenus publiés depuis l’étranger
La question de la localisation des créateurs de contenus a également été abordée.
Selon les explications du président de la HAAC, le fait qu’un compte soit administré depuis l’étranger ne signifierait pas nécessairement que son contenu échappe à toute possibilité d’intervention.
L’institution estime pouvoir rechercher, avec ses partenaires, des solutions concernant certains contenus diffusés depuis l’extérieur du territoire national, notamment lorsqu’ils présentent un caractère haineux ou violent.
Cette position ouvre toutefois la question de la mise en œuvre concrète de telles mesures lorsque les auteurs ou les plateformes sont situés hors du Togo.
Les réseaux sociaux désormais au centre de la régulation
Avec cette démarche, la HAAC élargit son attention à un secteur qui ne se limite plus aux médias traditionnels.
Les réseaux sociaux sont devenus des espaces d’information, de débat, de mobilisation et de production de contenus. Les créateurs jouent ainsi un rôle de plus en plus visible dans la manière dont les citoyens accèdent aux informations et réagissent à l’actualité.
La rencontre du 22 septembre constitue donc un premier cadre d’échange direct entre la régulation audiovisuelle et ces nouveaux acteurs numériques.
Pour les créateurs de contenus, elle marque également le début d

