L’artiste togolais Raphaël Santrinos a rencontré, le vendredi 24 avril 2026, les jeunes artistes de Sokodé. Cette rencontre s’inscrit dans une série de Master Class organisée avant les concerts de l’Indépendance. Après Atakpamé, il poursuit ainsi ses échanges dans la région centrale.

De nombreux jeunes talents ont répondu présents. L’objectif est clair : partager des expériences concrètes et aider la nouvelle génération à se structurer. Le Directeur régional des Arts et de la Culture, Roger Dogan, ainsi que d’autres responsables, ont également pris part à la rencontre.
Face aux participants, Santrinos a adopté un ton direct. Il a abordé une question essentielle : comment passer de l’ombre à la lumière dans la musique ? Pour lui, tout commence par une étape simple mais souvent négligée : le ciblage. Un artiste doit savoir à qui il s’adresse. Hommes, femmes, enfants, une communauté précise, le Togo ou un public plus large. Ce choix doit être clair dès le départ.

Selon lui, réussir rapidement passe par une connexion forte avec sa base. Il conseille aux jeunes de gagner d’abord le cœur de leur communauté. C’est un levier puissant. Une fois cette étape franchie, la reconnaissance peut s’étendre naturellement.
Il insiste aussi sur l’importance de rester à jour. La musique évolue vite. Un artiste doit suivre les tendances de son époque tout en gardant son identité. Cela permet de rester pertinent et d’attirer l’attention.
Pour illustrer ses propos, il a évoqué l’exemple de King Bala. Cet artiste s’est d’abord imposé auprès du peuple Tem avant de toucher un public plus large. Pour Santrinos, c’est une stratégie efficace. Il encourage les jeunes à s’inspirer de leurs réalités locales. Leur environnement est une source riche d’inspiration.
Il rappelle que chaque artiste connaît mieux que quiconque sa propre communauté. C’est donc un avantage. En racontant des histoires proches du vécu des gens, il devient plus facile de créer un lien fort avec le public.
Au-delà de la visibilité, la question des revenus a aussi été abordée. Santrinos insiste sur la nécessité d’investir dans sa carrière. Cela passe par une bonne production musicale, une image soignée et une promotion efficace. Rien ne doit être laissé au hasard.
Il met en garde contre la précipitation. Sortir une œuvre sans préparation peut freiner une carrière. Il vaut mieux prendre le temps de bien faire les choses. Un travail de qualité attire naturellement les opportunités.
L’artiste a partagé une expérience personnelle marquante. Son premier cachet était de 20 000 F CFA. Un début modeste. Pourtant, il n’a pas abandonné. Il a continué à croire en son potentiel et à travailler. Aujourd’hui, il est plus exigeant sur ses prestations.
Il souligne l’importance de la persévérance. Les débuts peuvent être difficiles. Mais avec de la patience et du sérieux, les résultats arrivent. Il encourage les jeunes à croire en eux et à rester constants dans leurs efforts.
Santrinos distingue aussi deux profils d’artistes : les “underground” et les “newcomers”. Pour passer dans la seconde catégorie, il faut investir et se professionnaliser. Cela demande des moyens, mais surtout une vision claire.
Enfin, il rappelle que le succès ne vient pas par hasard. Il est le fruit d’un travail structuré. Un bon produit, bien promu, finit toujours par trouver son public.
Cette série de Master Class se poursuit dans d’autres villes. Les prochaines étapes sont prévues à Kara et à Dapaong avant le 27 avril. L’objectif reste le même : accompagner les jeunes talents et contribuer au développement de l’industrie musicale togolaise.

