Pêche au Togo : la production franchit un nouveau cap en 2025

Fawzou
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Au Togo, le secteur de la pêche affiche une évolution notable en 2025, confirmant une tendance à la hausse observée ces dernières années. Le volume total de poissons produits a atteint 36.250 tonnes, un niveau qui traduit les efforts engagés pour dynamiser cette filière stratégique de l’économie nationale.

Une progression marquée sur deux ans

Les données disponibles montrent une nette amélioration de la production halieutique par rapport aux années précédentes. En 2024, le pays avait enregistré 23.776 tonnes de poissons, tandis qu’en 2023, ce chiffre s’élevait à 24.229 tonnes. L’augmentation constatée en 2025 apparaît donc significative, avec une différence de plus de 12.000 tonnes en une seule année.

Cette évolution ne doit cependant pas être interprétée de manière simpliste. Une hausse aussi importante peut résulter de plusieurs facteurs combinés, notamment de meilleures conditions de production, mais aussi d’un renforcement des mécanismes de collecte des données. Il est donc important de considérer cette progression dans un cadre global, en tenant compte des réalités du terrain.

La région Maritime en tête de la production

L’analyse des chiffres par zone géographique révèle une forte concentration de la production dans certaines régions. La région Maritime domine largement avec 25.696 tonnes, ce qui confirme son rôle central dans les activités de pêche, notamment en raison de son accès à la mer et de la présence d’infrastructures adaptées.

Les Plateaux occupent la deuxième position avec une production de 9.217 tonnes. Cette performance repose en grande partie sur le développement de l’aquaculture et des plans d’eau intérieurs, qui offrent des opportunités complémentaires à la pêche traditionnelle.

Dans les autres régions, les volumes restent plus modestes. Les Savanes enregistrent 499 tonnes, tandis que la Kara atteint 727 tonnes. La région Centrale affiche une production de 34 tonnes, ce qui reste relativement faible. Quant à Lomé Commune, elle contribue à hauteur de 77 tonnes.

Des disparités régionales à relativiser

Ces écarts entre les régions peuvent sembler importants, mais ils s’expliquent en grande partie par des facteurs géographiques et structurels. Toutes les zones ne disposent pas des mêmes ressources naturelles ni des mêmes conditions favorables à la production halieutique.

Cependant, cette situation pose aussi la question de l’équilibre territorial. Le développement du secteur pourrait bénéficier d’une meilleure répartition des investissements, afin de soutenir les zones à faible production et réduire les inégalités régionales.

Les leviers de croissance du secteur

Plusieurs actions ont contribué à l’augmentation de la production en 2025. Le renforcement des capacités des acteurs, notamment à travers des formations techniques, a permis d’améliorer les pratiques et les rendements.

Par ailleurs, la promotion de l’aquaculture joue un rôle de plus en plus important. Cette activité, qui consiste à élever des poissons dans des environnements contrôlés, offre une alternative durable à la pêche traditionnelle, souvent soumise aux aléas climatiques et à la pression sur les ressources naturelles.

L’amélioration de l’accès aux intrants et aux équipements constitue également un facteur clé. La disponibilité d’aliments pour poissons, de matériel adapté et de financements contribue directement à l’augmentation des volumes produits.

Une croissance à nuancer

Même si les résultats sont encourageants, il est nécessaire d’adopter une lecture prudente. Une hausse de la production ne signifie pas automatiquement une amélioration des conditions de vie de tous les acteurs du secteur.

Des questions subsistent, notamment sur la rentabilité des activités, la durabilité des ressources halieutiques et l’impact environnemental de certaines pratiques. Une exploitation excessive des ressources pourrait, à long terme, compromettre les progrès réalisés.

Il est donc essentiel d’accompagner cette croissance par des politiques de gestion durable, afin de préserver les écosystèmes et garantir la pérennité du secteur.

Des perspectives pour 2026

Pour l’année 2026, les prévisions annoncent une production de 33.977 tonnes, soit un niveau légèrement inférieur à celui de 2025. Cette estimation peut surprendre, mais elle peut s’expliquer par une volonté de stabilisation ou par des contraintes anticipées dans le secteur.

Un investissement de 62.490.100 FCFA est prévu pour soutenir les activités. Ces ressources devraient permettre de poursuivre les actions engagées, notamment en matière de modernisation, de formation et d’appui aux producteurs.

Un secteur stratégique à consolider

La pêche reste un pilier important de l’économie togolaise, tant pour l’alimentation que pour l’emploi. Les performances enregistrées en 2025 montrent que le secteur dispose d’un potentiel réel, à condition de maintenir les efforts et d’adopter une approche équilibrée.

L’enjeu principal réside désormais dans la consolidation des acquis, tout en veillant à une gestion responsable des ressources. Une croissance durable passera par une meilleure organisation des acteurs, un encadrement renforcé et des investissements ciblés.

En définitive, les résultats obtenus témoignent d’une dynamique positive, mais aussi des défis à relever pour inscrire le développement du secteur halieutique dans la durée.

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