Togo : Koubouni Touni élue à la tête de la Faîtière des communes

Omega
6 min de lecture
: Koubouni Touni présidente Faîtière communes Togo 2026

L’Assemblée générale élective de la Faîtière des communes du Togo (FCT), tenue en fin de semaine dernière à Kara, a porté à sa présidence Koubouni Touni, maire de la commune de Doufelgou 2. Elle prend ainsi la succession de Yawa Kouigan, actuelle ministre de la Communication et ancienne maire d’Ogou 1.

Une passation de témoin au sommet des collectivités locales

La passation s’est déroulée dans le cadre solennel de l’assemblée générale élective, réunissant les représentants des communes togolaises. Koubouni Touni, jusqu’alors maire de Doufelgou 2 dans la région de la Kara, hérite désormais de la responsabilité de piloter l’organisation faîtière qui regroupe et représente l’ensemble des collectivités territoriales du pays.

Elle succède à Yawa Kouigan, figure bien connue du paysage politique togolais, qui avait occupé ce poste avant de rejoindre le gouvernement en tant que ministre de la Communication. Une transition qui s’opère dans la continuité, avec la volonté affichée de maintenir le cap tracé depuis la création de l’institution en 2020.

Les missions du nouveau bureau

Durant son mandat, Koubouni Touni et les membres de son bureau auront pour mission principale de renforcer la coopération entre les communes et de soutenir le développement des territoires. Un chantier vaste, à la hauteur des défis auxquels font face les collectivités locales togolaises.

L’équipe dirigeante devra également œuvrer à positionner les collectivités locales comme des acteurs clés du développement national. L’enjeu est de taille : dans un processus de décentralisation encore en construction, il s’agit de faire reconnaître la légitimité et la capacité d’action des communes face aux échelons centraux de l’État.

Parmi les priorités annoncées figure l’accompagnement du processus de décentralisation lui-même. La nouvelle présidente entend encourager les communes à se doter d’outils stratégiques en matière de gouvernance locale, de marketing territorial et de développement durable.

« Nous poursuivrons le travail engagé pour faire de la Faîtière des communes du Togo un cadre de solidarité, de concertation et d’action collective au service du développement de nos territoires et du bien-être des populations », a déclaré Koubouni Touni à l’issue de son élection.

Une institution encore jeune mais stratégique

Créée en 2020, la Faîtière des communes du Togo est une institution récente dans le paysage administratif togolais. Mais son rôle est stratégique. Elle se veut un cadre de concertation et de représentation des collectivités territoriales, avec pour objectif de promouvoir la coopération intercommunale et de renforcer la voix des communes dans les politiques publiques nationales.

En cinq années d’existence, la FCT a progressivement construit sa légitimité, devenant l’interlocuteur privilégié du gouvernement sur les questions touchant aux collectivités locales. Elle joue également un rôle clé dans l’accompagnement des communes, notamment les plus petites, dans leurs démarches de développement.

La succession à sa tête est donc un enjeu important pour l’avenir de la décentralisation au Togo.

Un profil d’élue ancrée dans le terrain

Koubouni Touni n’est pas une inconnue pour ses pairs. En tant que maire de Doufelgou 2, elle a acquis une expérience concrète de la gestion communale, avec ses joies et ses difficultés. Une connaissance du terrain qui devrait lui être utile dans ses nouvelles fonctions.

Son parcours illustre également la place croissante des femmes dans les instances dirigeantes locales. À la tête de l’institution faîtière, elle devient l’une des figures de proue de la décentralisation togolaise, aux côtés des autres élues qui animent le territoire.

Son élection intervient à un moment où les communes togolaises cherchent à monter en puissance, à la fois dans leurs capacités d’action et dans leur visibilité internationale. Le développement du marketing territorial, la recherche de partenariats étrangers, la mobilisation de financements innovants sont autant de chantiers qui attendent la nouvelle équipe.

Des défis à relever pour les communes togolaises

Les défis qui attendent la nouvelle présidente et son bureau sont nombreux. D’abord, la consolidation du processus de décentralisation lui-même, qui reste inachevé et parfois freiné par des pesanteurs administratives ou budgétaires.

Ensuite, le renforcement des capacités des communes, très inégales en termes de moyens humains, techniques et financiers. Certaines peinent encore à remplir leurs missions de base, tandis que d’autres commencent à développer des stratégies ambitieuses.

Enfin, la représentation des intérêts communaux face à l’État central et aux partenaires techniques et financiers. La FCT doit porter une voix collective, capable de peser dans les négociations et de faire valoir les spécificités des territoires.

C’est tout ce programme qui attend Koubouni Touni pour les mois et les années à venir. Un défi à la mesure de son ambition affichée de faire des communes de véritables moteurs du développement national

Partager cet article
Aucun commentaire